ASSOCIATION INTERNATIONALE DES COMMUNAUTÉS DE LAÏCS CISTERCIENS 


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RESSOURCES

Documents du Ordre Cistercien de la Stricte Observance

  • Lettre du Pape à la Famille cistercienne (du 6 mars 1998)
  • Message de la Synaxe à Cîteaux (les 17-20 mars 1998)
  • Compte rendu de la Synaxe à Cîteaux (par D.Armand Veilleux)
  • Homélie au neuvième centenaire de Cîteaux, prononcée par Dom Bernardo Olivera (le 21 mars 1998)
  • Conclusion synthétique à la Session Cistercienne (juillet 1999)
  • L'Utopie de la Famille cistercienne - homélie de Dom Bernardo Olivera à La Trappe (le 27 octobre 2000)
  • Message aux Communautés Cisterciennes (17 février 2007) de Dom Mauro Esteva (O.C.) et Dom Bernardo Olivera (O.C.S.O.) (26 janvier 2007)

Les documents à propos Laïcs Cisterciens

  • Clôture et Solitude du Cœur, ou la Garde du Cœur (Mother Gail Fitzpatrick)
  • Clôture et Solitude du Cœur, ou la Garde du Cœur (Mother Gail Fitzpatrick)


    Le sujet que j’ai choisi pour notre réflexion de ce soir peut paraître étrange. La clôture concerne bien sûr les monastères, mais qu’est-ce que cela peut bien avoir à faire avec les laïcs, des hommes et des femmes menant des vies bien occupées dans le monde?

    J’ai choisi ce sujet pour deux raisons. D’abord parce que la clôture est une réalité de notre vie de moines et de moniales cisterciens, et actuellement nous étudions et échangeons pour discerner comment nous sommes appelés, au 21ème siècle, à vivre cette réalité de façon authentique. C’est donc un sujet très actuel—sur lequel on débattra au prochain Chapitre Général.

    La seconde raison vient de l’expérience de nos Associés des Cisterciens de l’Iowa. Il y a environ deux ans, nos Associés nous ont demandé de leur parler de la clôture pour les aider à comprendre ce que cela recouvrait, et à essayer de mieux vivre cette dimension dans leur propre vie. C’est donc ce que nous avons fait, et nous avons eu un bon échange sur les différents niveaux de la clôture. À la fin, nous en sommes arrivés à la question suivante: Cette pratique monastique de la clôture concerne-t-elle vos vies de laïcs?

    Un an plus tard, j’ai appris que beaucoup d’Associés avaient pris cette discipline monastique à cœur et avaient introduit des changements importants dans leur vie dans l’esprit de la clôture et de la solitude du cœur. J’ai été très touchée par le sérieux de leur réponse. Je vous partagerai plus loin quelques unes de leurs expériences. Mais commençons par considérer ce qu’est la clôture pour les moines et les moniales. Quelle est sa valeur et son but? Comment la vit-on?

    Je dirais qu’il y a trois niveaux ou trois façons de comprendre le mot clôture. Il y a le niveau matériel. Si vous voyez un écriteau sur une palissade ou une porte indiquant "Clôture", vous savez immédiatement que seuls ceux qui appartiennent à cette communauté monastique habitent à l’intérieur de cette limite physique. La "clôture" est un espace particulier, clairement défini, dans lequel peuvent seulement entrer les membres de la communauté, et dont ils ne sortent que pour des raisons bien précises.

    On peut aussi comprendre la clôture au niveau juridique. On parle de "clôture papale", de "clôture constitutionnelle", et actuellement nous les Cisterciens nous parlons de "clôture monastique". Ces termes renvoient à différents genres de droit. Pour être reconnus par l’Église comme ordre monastique, nous devons choisir la forme de clôture la plus appropriée à notre façon de vivre, et l’Église doit approuver ce choix. Après quoi, les communautés et leurs membres sont tenus à respecter ce cadre juridique. La discussion actuelle dans l’Ordre se situe principalement à ce niveau. Elle concerne surtout les moniales de l’Ordre, mais elle peut aussi toucher la vie des moines.

    Puis nous en arrivons au troisième niveau. Qu’est-ce que cette pratique juridique et plutôt matérielle a à voir avec la vie ? Quel effet a-t-elle ou devrait-elle avoir sur la vie spirituelle des moines et des moniales ? Dans sa lettre à l’Ordre en 1985, Dom Ambrose Southey écrivait: "La clôture n’est pas une valeur monastique. C’est une aide matérielle pour protéger quelque chose qui est une valeur monastique—la solitude."

    En d’autres termes, on pourrait parler de pureté de cœur. Cassien enseigne que la pureté de cœur est le but de la vie monastique. Je vois la pratique ou la discipline de la clôture comme une garde du cœur. Pratiquer la garde du cœur, c’est reconnaître que beaucoup de choses peuvent être bonnes en elles-même, mais qu’elles ne contribuent peut-être pas à faire grandir mon cœur dans l’amour, la compassion, à me centrer sur Jésus Christ et le don de moi-même, jour après jour, heure après heure, dans la prière pour le Royaume. Beaucoup de choses sont bonnes, mais la garde du cœur consiste en un discernement continu de l’appel de Dieu, l’appel à l’amour, elle consiste à exclure de notre cellule intérieure ce qui est superficiel, la curiosité, les animosités qui détruisent le règne de la paix de Dieu en nous.

    Dans un document récent sur la clôture, une moniale cistercienne écrit ceci: "Le cœur du moine, purifié par l’ascèse, devient l’espace où toute la création entre dans le silence de Dieu et la solitude de l’adoration. Le vrai cloître ou la clôture, c’est le cœur d’une personne consacrée à un amour de Dieu sans partage, et non l’espace clos du cloître."

    Dom Bernardo, dans sa communication au Synode des évêques sur le thème de la vie religieuse, a dit ceci: La solitude du cœur et la concentration de toute notre force dans la quête de Dieu, exigent une solitude intérieure fortifiée par la solitude extérieure.

    En parlant de la clôture matérielle, j’ai évoqué les signes de la clôture comme une porte qui à la fois permet et empêche d’entrer, et permet et empêche de sortir. Sa fonction est double. Nous pouvons alors nous demander: qu’est-ce que la clôture exclut du monastère ? Au 12ème siècle, St. Bernard a dressé une liste qui est encore valable aujourd’hui. Il écrit: "Tu es seul, si ta pensée ne se ramène pas à des banalités, si tu ne t’affectionnes pas aux choses présentes, si tu dédaignes ce qu’admire la multitude, si tu ressens du dégoût pour ce que tous désirent, si tu évites les querelles, si tu restes insensible aux torts, si tu ne te souviens pas des injures." (Cantique des Cantiques 40:5)

    À la liste de Bernard, je voudrais ajouter quelques unes de nos bêtes fauves du 21ème siècle, auxquelles nous aimerions barrer l’entrée: la surconsommation, le matérialisme et la sécularisation propres à nos cultures, les idoles de notre monde du loisir et des sports, et la surinformation—il s’agit toujours du discernement de la frontière subtile entre ce qu’il est nécessaire de savoir pour porter dans notre prière les fardeaux et les souffrances de notre monde, et ce qu’il est inutile de savoir...ce qui est pure curiosité. Je voudrais ajouter aussi au discernement la question suivante: qu’est-ce qui est loisir et détente nécessaires et légitimes ? Vous pouvez sans doute allonger la liste à partir de votre propre expérience.

    Nous venons d’utiliser l’image de la porte qui empêche d’entrer, comme signe indiquant une limite. J’aimerais maintenant parler brièvement de ce qui se vit de l’autre côté de la porte ou de la clôture. Je suis entrée au monastère en 1956. Durant toutes ces années, j’ai beaucoup pu voir l’autre côté de la porte ou de la clôture, au quotidien. Pour moi, cela n’a jamais été une barrière ou quelque chose d’emprisonnant. En fait, je me suis sentie profondément unie au monde, surtout aux personnes souffrantes. Je connais des moines et des moniales qui se sont sentis appelés à une union très profonde au Christ à travers des personnes souffrant de différentes façons. Une moniale fait l’expérience d’une grande compassion pour les femmes, spécialement dans notre monde contemporain, et prie avec larmes pour ceux qui portent le fardeau de la violence. Il semble vrai en effet que les expériences et les engagements étant restreints ou diminués, on vit à un niveau plus profond. Ce n’est pas un phénomène propre aux moines ou aux moniales, mais cela fait partie des conséquences d’une plus grande solitude et d’une garde du cœur consciente.

    Une certaine distance est nécessaire pour porter la lumière de la Présence de Dieu et les ténèbres ou le mal de nos propres ombres comme des ténèbres des autres, et d’y répondre en profondeur. Pour les moines et les moniales, la distance ou l’espace peut être physique. Pour vous, la distance peut être plus virtuelle. C’est votre défi de laïcs cisterciens.

    L’essence de la clôture, c’est la garde du cœur. Le but de la garde du cœur, c’est d’être totalement disponible pour Dieu et pour l’œuvre de la conversion, de la compassion et de la contemplation auxquelles Dieu nous appelle en tant que cisterciens, consacrés ou laïcs.

    Je voudrais dire un mot sur cette trilogie. La conversion, la compassion et la contemplation sont les fondements de la spiritualité cistercienne. Saint Bernard en parle comme de trois degrés de la vérité (Dans son Traité sur les degrés d’orgueil et d’humilité): le premier degré de la vérité est la connaissance de soi, cette perception radicale de soi, en toute honnêteté. Je reconnais en moi une image de Dieu, un enfant aimé de Dieu, soutenu par sa grâce. Je reconnais aussi en moi cette image de Dieu défigurée, à cause de ma négligence, de mon orgueil, de mes façons de me placer au-dessus de Dieu et des autres. Cette vue honnête de soi-même est le commencement de la conversion, le dépassement de soi-même.

    Cette grâce de la conversion étant à l’œuvre en moi, je découvre le second degré de la vérité: la compassion. J’en viens à connaître et comprendre les autres à travers l’expérience de ma propre faiblesse. On n’apprend pas la compassion dans la force. On apprend la compassion à travers sa faiblesse. Et dans cette acceptation de notre propre faiblesse et vulnérabilité, et de celles de notre prochain, notre cœur est purifié et Dieu se révèle à nous, de multiples façons. Nous voyons Dieu. C’est la contemplation. Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

    Tel est le travail des cisterciens—le labeur de la conversion, la charité de la compassion et la joie de la contemplation. Il faut sans cesse y travailler, elles ne sont jamais acquises une fois pour toutes, nous n’en avons jamais fini! Saint Benoît écrit: "L’atelier où nous devons fidèlement travailler à ces tâches, c’est la clôture du monastère et la stabilité dans la communauté."

    Et donc nous en revenons à la clôture. Je ne prétends pas savoir comment les laïcs peuvent intégrer cette pratique monastique dans leur vie. Quelques Associés ont mentionné divers changements qu’ils ont introduits dans leur style de vie ou juste quelques idées qui leur sont venues.

    On peut les grouper en gros sous trois catégories: l’espace sacré, l’utilisation des médias et le respect des personnes.

    1. Pour la plupart d’entre vous, vous avez sans doute arrangé dans votre maison un lieu à part pour le silence et la prière. Ce n’est pas pour vous isoler de votre famille ou de vos amis, mais pour vous recueillir et vous centrer davantage sur Dieu. Pour un couple, leur espace quotidien de prière, c’est leur voiture, quand ils partent travailler chaque matin ensemble. La louange du matin et la prière silencieuse donne le ton à leur journée. Pour un autre, leur bureau au troisième étage est devenu une "clôture", parce qu’il y a peu de monde qui est prêt à monter jusque là! Réfléchir sur la solitude peut parfois nous permettre de mieux apprécier la solitude qui existe déjà dans notre vie. Une personne qui vit seule m’a dit que notre échange sur la clôture l’a aidée à reconnaître la valeur de sa propre clôture, qu’elle n’a pas choisie. Elle me disait: "Elle n’avait pas de sens pour moi, jusqu’à ce que je la considère comme une dimension naturellement monastique de ma vie."
    2. Les médias, la TV, le cinéma et le journal sont des domaines où le besoin de limites est manifeste pour la plupart. Je connais des couples qui se sont complètement débarrassés de leur TV ou qui ont extrêmement réduit leur usage. Comme me disait quelqu’un: "Maintenant je suis plus attentif à ce qui pénètre mon environnement. "Une autre Associée m’a parlé des répercussions sur sa vie intérieure des messages et des valeurs favorisées par la TV. Ce n’était pas tant la peur d’adopter ces valeurs ou ce manque de valeur, qu’un abattement ou une colère face à ce que les médias reflètent de notre culture et du monde dans lequel nous vivons. Ces commentaires sont pour moi le signe d’une garde du cœur active et attentive.
    3. Le respect des personnes et une ouverture priante et concrète aux besoins des autres est nettement une priorité. Le sens de l’équilibre et la capacité de mettre des limites est nécessaire dans la vie laïque comme dans la vie monastique. Le discernement est nécessaire aussi, quand quelqu’un vient nous déranger, pour savoir reconnaître si c’est le Christ qui se présente à nous sous une forme déguisée, ou si c’est un défi que nous ferions mieux d’éviter.

    On peut aussi parler de ce discernement comme d’un filtre. Devant chaque motivation, chaque activité, chaque rencontre, on se pose la question: "Comment cela m’aide-t-il à mener une vie spirituelle ", à chercher Dieu dans tous les événements et les activités de ma vie ? Beaucoup de personnes très sensées utilisent ce filtre, surtout dans notre culture où les sens sont sans cesse suscités; mais ils utilisent ce filtre pour d’autres raisons.

    Empêcher à ces choses d’entrer en nous n’est qu’un aspect de ce filtre, un autre aspect consiste à les accueillir. La clôture, c’est aussi accueillir en son espace intérieur ces choses et ces personnes qui nous aideront à vivre plus consciemment en présence de Dieu, et à découvrir notre vrai moi. Ainsi le sens de la clôture s’élargit pour inclure toute la communauté—un groupe de personnes qui reconnaissent le besoin de filtre et qui partagent le même but.

    Vous souhaitez peut-être maintenant réfléchir sur la relation entre la communauté et la clôture ou la solitude. Je voudrais enfin mentionner un aspect de la solitude et du respect de ce qui est sacré dans le prochain, caractéristiques des époux. Je citerai une personne qui le dit mieux que je ne saurais le faire.

    "J’essaie d’être plus attentif à la dimension sacramentelle de mon mariage et à sa façon d’être source de grâce pour ma vie. Être marié veut dire entre autres s’efforcer d’être totalement ouvert et accessible l’un à l’autre, ne rien garder pour soi, ne pas avoir de secrets et accepter d’être vulnérable. Mais cela veut dire aussi ne pas avoir d’exigences insensées, ne pas désirer plus que ce que l’autre peut donner. Dans ce sens, la clôture est un point important de mon mariage, et elle implique d’essayer d’honorer et de respecter les domaines de l’autre dans lesquels nous n’avons pas le droit de pénétrer."

    En conclusion, je voudrais remercier tous ceux qui nous ont partagé leur propre façon de vivre l’essence de la clôture, qui est solitude et garde du cœur. Je voudrais aussi vous remercier, vous tous qui êtes à l’écoute de l’Esprit de Dieu dans votre vie. Je crois qu’on peut très bien adapter leI charisme de la spiritualité cistercienne, et que l’Esprit répandra ce don comme Dieu le veut. Nous savons que l’amour grandit dans la mesure où il est partagé. Je pense qu’il en est de même pour la spiritualité. Elle est plus vivante et s’approfondit quand beaucoup cherchent à la comprendre et à l’intégrer dans leur vie.

    Ce qui peut commencer par une attirance pour un lieu, un monastère particulier, peut devenir ensuite une source de vie nouvelle et de grande fécondité pour le Royaume. Cela nous appelle, nous moines et moniales, à une plus grande authenticité. Cette quête nous stimule et nous conduits à plus d’humilité.

    Concluons avec la prière de st Benoît: Qu’Il nous conduise tous ensemble à la vie éternelle.

    Mother Gail Fitzpatrick
    April 26, 2002


  • Au-delà de Nos Propres Frontières (Dom Bernardo Olivera)
  • Au-delà de Nos Propres Frontières (Dom Bernardo Olivera)


    Notre vie monastique cistercienne peut être considérée comme un charisme, c’est-à-dire comme un don de l’esprit pour l’Église du Christ. Ce don a été fait à un moment précis de l’histoire, dans une culture déterminée, pour répondre à des défis particuliers et, peut-être, en réaction à des situations déterminées. Tout cela est incontestable.

    Le temps a une double incidence sur le charisme: il l’obscurcit et il l’illumine. Il l’obscurcit car le charisme est né dans un contexte local et à un moment déterminé. Il l’illumine car c’est justement au fil du temps que le charisme se détache des circonstances qui lui ont permis de s’incarner à l’origine.

    L’historicité de notre charisme exige la nécessité et impose le devoir d’un aggiornamento et d’une inculturation. L’inculturation ne suppose pas seulement référence aux lieux et aux temps ou aux époques. Elle suppose aussi référence aux genres (masculin et féminin), aux générations (jeunes, adultes, anciens), aux différents groupes sociaux (ruraux, citadins, ouvriers, professionnels...) et aux états de vie (clergé, consacrés, laïcs...).

    Le renouveau suscité par le Concile Vatican II a été un moment privilégié de ce processus d’aggiornamento et d’inculturation. L’époque postconciliaire nous a offert une autre nouveauté: la naissance de groupes de laïcs et laïques désireux de partager notre charisme au milieu du monde, des réalités humaines et des activités séculières. Il s’agit donc d’une nouvelle inculturation du charisme cistercien.

    Mais, attention! nous vous demandons d’être non pas des "photocopies" cisterciennes dans leur version monastique mais bien une version ré-incarnée du charisme; que vous nous en parliez en un autre langage, que vous en découvriez de nouvelles médiations, qu’il soit par vous ré-inculturé. Et vous n’avez pas à nous demander de permission pour cela, le charisme est un don que nous avons reçu et incarné dans l’histoire, mais nous n’en sommes pas propriétaires. Je vous invite à prendre des risques et à aller au-delà de nos propres frontières.

    En réalité, ce n’est pas moi qui vous invite, c’est l’Esprit, qui vous a parlé au coeur et vous a invité à recréer notre charisme cistercien en lui donnant une forme nouvelle. Voici les questions que nous pourrions nous poser:

    • Quels seraient les critères essentiels de discernement d’une vocation cistercienne laïque en ses débuts et dans les différentes étapes de sa croissance?
    • Quels sont les exercitia corporalia et spiritualia propres à une conversatio cistercienne laïque qui sera vécue dans le monde bien qu’on ne soit pas du monde?
    • Quels seraient les éléments fondamentaux d’un programme de formation qui permette d’incarner les valeurs dans la vie des laïcs et laïques cisterciens?
    • Quels services et quelles relations doivent exister entre les membres d’un groupe de laïcs et laïques cisterciens pour que la vie croisse et se répande?
    • Quelle forme d’engagement doit unir les laïcs et laïques cisterciens au Seigneur, aux autres membres du groupe, au monastère de référence et à l’Ordre?
    • Quel type d’union ou d’association pourrait exister entre les groupes d’une même région et entre les différentes régions?
    • Qu’attend-on des monastères de référence et de l’Ordre dans son ensemble?

    Beaucoup d’entre vous ont déjà répondu à beaucoup de ces questions. Dans plusieurs cas, ces réponses ont résisté à l’épreuve du temps, elles se sont avérées des valeurs stables et ont été regroupées en statuts. Aussi pouvons-nous aujourd’hui confronter nos trouvailles afin de continuer à chercher et à trouver. Que le Seigneur nous assiste de son Esprit créateur. Amen!

    Dom Bernardo Olivera
    Homélie de la IIème Rencontre Internationale de Laïcs Cisterciens Conyers, 25-IV-2002


  • La Participation des Laïcs dans la Famille Cistercienne (Dom Armand Veilleux)
  • La Participation des Laïcs dans la Famille Cistercienne (Dom Armand Veilleux)


    En 1098 un groupe de moines suivant la Règle bénédictine quittèrent leur monastère, appelé Molesme, pour continuer leur vie monastique sous une forme plus radicale et dans un esprit renouvelé. Le nouveau monastère s’appela Cîteaux. Après des débuts lents et difficiles, cette communauté attira de nombreuses vocations et fonda plusieurs autres monastères suivant le même style de vie. Toutes ces communautés restèrent unies par des liens de Charité et formèrent un "Ordre" monastique distinct à l’intérieur de la grande famille bénédictine. (Je souligne les mots "à l’intérieur", car ce serait une erreur de considérer la fondation de Cîteaux comme une rupture avec la famille bénédictine. Même aujourd’hui, la grande famille bénédictine est constituée de monastères appartenant à diverses congrégations regroupées dans la "Confédération bénédictine", mais aussi de tous les monastères qui suivent la Règle de saint Benoît, y compris les monastères cisterciens).

    Tout au long des siècles, les monastères cisterciens, toujours plus nombreux et répandus dans des pays séparés par de grandes distances et des différences culturelles considérables, se regroupèrent en plusieurs Congrégations qui donnèrent également naissance à diverses Observances. À la fin d’une évolution historique longue et complexe, le tronc principal de la grande Famille cistercienne est divisé depuis 1892 en deux branches: l’Ordre Cistercien de la Commune Observance, qui utilise actuellement le nom latin de Ordo cisterciensis et l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, qui utilise actuellement le nom latin de Ordo cisterciensis strictioris observantiae. Divers groupes de moniales qui furent séparées de l’autorité de l’Ordre et mises sous l’autorité des Évêques au cours des derniers siècles, et qui retrouvèrent leurs racines cisterciennes forment maintenant des Ordres ou Congrégations autonomes, comme les Bernardines d’Esquermes et les Moniales de Las Huelgas en Espagne (appelées Congrégation cistercienne de Saint Bernard). Si nous ajoutons à celles-ci certaines Congrégations comme les Bernardines d’Oudenaarde, et quelques maisons individuelles, qui n’appartinrent jamais à l’un ou l’autre des "Ordres" cisterciens, mais qui furent toujours affiliées à l’un ou l’autre, nous avons ce que nous appelons depuis quelques années la Famille cistercienne. On devrait même y ajouter quelques monastères cisterciens anglicans.

    Or, lorsque nous avons organisé une réunion—appelée synaxis—de tous les représentants de cette Famille cistercienne à Cîteaux, en 1998, à l’occasion du 9ème centenaire de la fondation de Cîteaux, nous avions aussi quelques représentants de ce que nous appelons le "laïcat cistercien". Le Chapitre Général de l’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance, en 1996, avait mentionné dans un vote que ce laïcat cistercien devait participer à celle célébration; et ces laïcs cisterciens furent même mentionnés dans la lettre que le Pape écrivit à la famille cistercienne à cette occasion.

    Congrégations cisterciennes en particulier, mais bien à la "Famille cistercienne", reconnaissant ainsi le grand mouvement de communion qui nous a tous conduits a une nouvelle prise de conscience de l’existence d’une telle "famille", malgré les différences de styles de vie et la diversité de structures juridiques. Et il est très intéressant également de voir ce que le Pape dit du laïcat cistercien, et dans quel contexte il le fait.

    Le contexte général est la redécouverte du rôle des laïcs dans la vie de l’Église, depuis Vatican II. Durant une longue période de l’histoire de l’Église, la spiritualité fut développée surtout par des Religieux et pour des Religieux, et presque tous les ministères dans l’Église étaient des ministères cléricaux. Dans la ligne des intuitions de Vatican II, le Synode sur "La vocation et la mission des laïcs dans l’Église et le Monde", en 1987, non seulement souligna la spiritualité du laïcat et son rôle dans la mission de l’Église, mais aussi le droit des laïcs à se réunir en communautés, suivant diverses orientations spirituelles.

    Ce que nous avons vu depuis—et même avant cela—a été non pas tellement le développement de communautés composées seulement de laïcs, mais des communautés ou des mouvements composés de Chrétiens de tous les états de vie—laïcs et clercs, personnes mariées et célibataires—unis par une même spiritualité et une même mission. Nous constatons aussi que beaucoup de laïcs ont trouvé leur support spirituel ou même leur identité spirituelle, dans le charisme de communautés religieuses existantes, soit actives, soit contemplatives. Il y a eu une période où de nombreuses personnes, surtout des jeunes, voulaient participer, au moins pour quelques années, à la mission d’une communauté religieuse, spécialement dans les Jeunes Églises. Mais graduellement les laïcs ont commencé à désirer participer non seulement à la mission d’une communauté, mais aussi à sa spiritualité et, dans une certaine mesure, à sa vie. C’est dans ce contexte général que nous devons comprendre la mention du laïcat cistercien faite par le Pape dans sa lettre à la Famille cistercienne.

    Le contexte plus immédiat de cette mention est cistercien. Les premières communautés cisterciennes, comme toutes les communautés monastiques de leur temps, avaient une familia, qui était composée d’un petit groupe de travailleurs salariés, distinct du groupe des frères convers—lesquels étaient plus intégrés dans la vie de la communauté. Nos monastères ont toujours eu des "oblats" c’est-à-dire des personnes vivant en communauté sans, pour une raison ou une autre, faire des voeux. Mais, traditionnellement, nous n’avons pas eu d’"oblats externes". Presque tous les monastères ont cependant eu quelques personnes spirituellement rattachées à la communauté d’une façon non juridique mais réelle, vivant à l’hôtellerie ou près du monastère, comme "familiers".

    Plus récemment, c’est-à-dire au cours des dernières décennies, de plus en plus de personnes laïques ou de groupes de laïcs ont demandé à devenir "oblats" ou à être associés avec l’Ordre ou avec l’une ou l’autre de nos communautés. Ce mouvement se répand rapidement et de diverses façons. C’est là où nous en sommes actuellement.

    Il faut d’abord souligner une chose importante. Notre Ordre est une "communauté de communautés". On n’entre jamais dans l’Ordre comme tel. On devient toujours membre de l’Ordre en entrant dans une communauté locale. L’Ordre cistercien a une orientation spécifiquement cénobitique. Par conséquent, la vocation cistercienne n’est jamais la vocation à un soi-disant "esprit cistercien"; c’est la vocation à une communauté locale, ou à l’esprit cistercien incarné dans la vie d’une communauté locale.

    Par conséquent, la seule façon de devenir un "laïc cistercien" n’est pas à travers une sorte de lien juridique personnel avec l’Ordre cistercien; c’est plutôt en établissant une lien personnel de communion avec une communauté cistercienne locale concrète, soit de moines soit de moniales.

    Cela peut se réaliser de deux façons diverses. Ou bien une personne développe une relation personnelle avec une communauté. Elle peut trouver son support spirituel dans le fait de prier avec cette communauté, de participer à l’Eucharistie ou à la Liturgie des Heures. Elle peut recevoir le service de l’accompagnement spirituel d’une des soeurs ou d’un des frères. Cela a toujours existé, bien que ce soit plus fréquent de nos jours; et ce phénomène n’a aucunement besoin d’être structuré.

    Lorsque des laïcs expriment le désir de quelque chose de nouveau dans ce domaine, ce que j’ai personnellement toujours recommandé a été de former auprès de la communauté monastique, une communauté de laïcs ayant sa propre identité et sa propre vie et d’établir des liens de communion entre les deux communautés. Je crois fermement que c’est la meilleure façon de découvrir graduellement de nouvelles façons d’incarner l’esprit cistercien dans l’existence quotidienne de laïcs ordinaires. C’est aussi la meilleure façon pour les laïcs d’éviter le danger de jouer au moine ou à la moniale dans le monde.

    Un charisme n’appartient pas à une personne particulière ou à un groupe particulier. Il appartient à l’Église, c’est-à-dire au peuple de Dieu. Ceux qui vivent selon ce charisme à un moment déterminé de l’histoire en sont les gardiens. Les moniales et les moines cisterciens d’aujourd’hui ne possèdent pas le charisme cistercien; ils en sont les gardiens. Je crois fermement, à partir de ce que j’observe depuis des décennies, que l’Esprit Saint veut donner une nouvelle expression de ce charisme de nos jours, dans la vie de laïcs. Seuls des laïcs recevant ce charisme d’une communauté monastique et le développant au sein d’une communauté laïque peuvent trouver graduellement, à travers leur expérience concrète ce que l’"Esprit dit à l’Église" à cet égard.

    Cela requiert à la fois une vie autonome pour la communauté laïque et, d’autre part, une communion et un dialogue constant avec la communauté monastique.

    Le dialogue avec la communauté monastique peut se faire de diverses façons. En plus de la participation dans la prière et la célébration liturgique, et peut-être aussi dans quelque forme de travail ou d’apostolat, surtout à l’hôtellerie du monastère, ce peut être un dialogue avec l’abbé ou avec quelques moines nommés par lui, ou même avec toute la communauté en certaines circonstances.

    Le discernement au sein de la communauté elle-même doit être un discernement constant—une écoute constante de l’Esprit. Les laïcs ne doivent pas demander à l’Ordre de leur dire ce qu’ils doivent être. Ils doivent le découvrir eux-mêmes. Actuellement les groupes de "laïcs cisterciens" associés à diverses communautés, se sont développés de façons diverses. Je considère cette diversité comme très positive. Chaque groupe, tout en conservant sa propre identité doit demeurer ouvert au changement et à la croissance, et apprendre des autres. Je crois qu’il est trop tôt pour créer des structures communes. Si de telles structures sont nécessaires, elles se développeront d’elles-mêmes. Une différence importante entre les groupes d’Associés, aux États-Unis, est que certains groupes acceptent en leur sein des non-Catholiques, alors que d’autres ne le font pas. Les deux options me semblent légitimes. Tout comme il y a quelques communautés monastiques de Cisterciens luthériens, et tout comme il y a quelques-unes de nos communautés monastiques cisterciennes qui ont—ou ont eu—dans leur sein un ou l’autre non-Catholique, de même il peut être positif, en notre temps d’oecuménisme, que des non-Catholiques appartiennent à une communauté de cisterciens laïcs. Évidemment, ceci ne doit pas devenir une norme. Cet exemple montre bien qu’il n’est pas encore temps d’établir des normes; c’est plutôt le temps, actuellement, d’établir la communion entre communautés se respectant mutuellement dans leurs différences.

    Quant à la dimension des groupes, je ne crois pas qu’elle doive faire problème. Évidemment, on ne gère pas un groupe de 60 comme on gère un groupe de 10 ou 12 personnes. Il pourrait y avoir avantage à créer au sein d’une grande communauté des sous-groupes, par exemple sur une base géographique; mais je vois difficilement un avantage à diviser une communauté en deux groupes distincts et autonomes, puisque l’identité de chaque groupe est liée à une seule et même communauté monastique.

    J’ai souligné ce qui me semble le défi des laïcs qui se sentent appelés à vivre le charisme cistercien dans le monde. Peut-être pourrions-nous, pour un moment, voir aussi le défi que le Pape présente à nos communautés monastiques cisterciennes.

    Après quelques paragraphes sur notre patrimoine spirituel et culturel cistercien, le Pape mentionne dans sa lettre l’intérêt renouvelé pour ce patrimoine dans le monde d’aujourd’hui. Il mentionne l’importance de l’hospitalité, disant: "Pour de nombreuses personnes, des interrogations spirituelles essentielles peuvent s’exprimer et s’approfondir grâce à l’accueil qui leur est proposé dans les monastères." Par accueil il entend certainement celui qui est offert aux personnes qui viennent dans nos hôtelleries soit pour une retraite, soit pour rencontrer un guide spirituel. Mais il entend certainement aussi ce qu’il mentionne tout de suite après au sujet des "membres associés" e du " partage temporaire de la vie communautaire. "Je vous encourage aussi (citant Vita consecrata, 56), suivant les circonstances, à discerner avec prudence et sens prophétique la participation à votre famille spirituelle de fidèles laïcs, sous la forme de "membres associés", ou bien, suivant les besoins actuels dans certains contextes culturels, sous la forme d’un partage temporaire de la vie communautaire (Vita consecrata, n. 56) et d’un engagement dans la contemplation, à condition que l’identité propre de votre vie monastique n’en souffre pas."

    Le Pape rappelle donc aux moines que, quoi qu’ils fassent, ils ne doivent pas perdre leur identité comme moines; mais il les invite aussi à s’ouvrir à une plus grande hospitalité. Il mentionne deux formes spéciales de cet accueil: le partage de la vie de communauté (ce qu’on a appelé le "monachisme temporaire") et les "associés", soulignant que, dans l’un et l’autre cas, un engagement à la contemplation est requis.

    Donc, nous avons tous devant nous notre travail bien décrit. Pour nous, les moines, il y a l’appel non seulement à demeurer ouverts à l’hospitalité, mais aussi à nous ouvrir à de nouvelles formes de cette hospitalité, incluant le partage de notre charisme avec des membres associés, et, pour ceux-ci, le défi de donner graduellement forme à nouvelle expression du charisme cistercien dont ils sont les témoins.

  • Pour une Mystique Cistercienne Rénovée (Dom Bernardo Olivera)
  • Pour une Mystique Cistercienne Rénovée (Dom Bernardo Olivera)


    Vous vous demandez peut-être ce que signifie le titre de cette conférence. J’espère que nous allons peu à peu trouver la réponse à cette question. Je peux cependant déjà avancer ceci: si la mystique cistercienne est une mystique chrétienne, la racine de son renouveau se trouve dans le Mystère de Dieu concentré dans le Christ Jésus.

    L’expérience mystique de la vie chrétienne occupe une place centrale dans la tradition cistercienne. Cette affirmation est si évidente qu’elle n’a pas à être démontrée. Les premiers cisterciens ont cherché à vivre en présence de Dieu et en communion avec Lui. Cette déclaration d’intentions garde aujourd’hui toute sa valeur. Nous pouvons lire dans nos Constitutions: Notre Ordre est un Institut monastique intégralement ordonné à la contemplation (Cst. 2).

    Mais on peut se demander: quelles seront les conséquences de la présence actuelle de Laïcs et Laïques Associés aux moines et aux moniales en ce qui concerne la dimension mystique de notre charisme? J’anticipe à nouveau une réponse: les conséquences en seront un enrichissement mutuel dans l’expérience approfondie du Mystère chrétien.

    Je voudrais situer mes paroles dans un contexte très précis: l’invitation pressante à contempler le visage du Christ lancée par Jean-Paul II dans sa Lettre Apostolique Novo Millennio Ineunte (NMI). Cette contemplation est le fondement absolu de toute action pastorale de l’Église en ce nouveau millénaire. Ce programme d’évangélisation s’adresse à tous: clercs, consacrés et laïcs. Nous serons de bien piètres témoins et des témoins insignifiants si nous ne sommes en même temps contemplateurs de son Visage.

    Deux mille ans après ces évènements, l’Église les revit comme s’ils venaient de se produire aujourd’hui. Dans le visage du Christ, elle, l’Épouse, contemple son trésor, sa joie."Dulcis Iesu memoria, dans vera cordis gaudia": qu’il est doux le souvenir de Jésus, source de la vraie joie du coeur! Réconfortée par cette expérience, l’Église reprend aujourd’hui son chemin, pour annoncer le Christ au monde, au début du troisième millénaire: "Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui, il le sera à jamais" (He 13,8).

    Ce mystère de l’Église, Épouse du Christ, se réalise et s’incarne en ceux et celles qui vivent l’oraison avec une affection ardente, jusqu’à une vraie "folie du coeur" (NMI 33). Cette expérience contemplative est patrimoine de l’ensemble des chrétiens (NMI 34).

    Voici l’itinéraire que nous allons suivre au long de cette méditation. Nous allons d’abord tirer le voile jeté sur l’Apocalypse pour y découvrir le Christ Époux. Je dirai ensuite un mot de la grande tradition mystique de l’Église, suivant l’invitation du pape. Ceci nous amènera à parler de la tradition mystique cistercienne. Puis, pour conclure, je présenterai un possible enrichissement de notre charisme mystique au service de l’Église.

    1.Révélation et sponsalité

    Le livre de l’Apocalypse nous révèle un Christ Époux jaloux de l’amour de son Église Épouse. Tout au début déjà, le Ressuscité est présenté comme Celui qui nous aime (Ap. 1:5). Cet amour du Seigneur accompagne toute notre vie, du commencement à la fin. Les messages adressés aux sept églises (Ap. 2-3) montrent à quel point cet amour, prévenant et passionné, suit de près les vicissitudes de chacune des communautés. Le langage, plein de délicate affection et de passion amoureuse, révèle un fiancé amoureux et jaloux de l’amour de sa fiancée. Nous en trouvons les termes révélateurs dans les messages à la première et à la dernière église, la septième.

    Après l’éloge des vertus de l’Église d’Éphèse, viennent ces mots qui demandent un amour de retour, car l’amour ne se paie qu’avec l’amour:

    J’ai contre toi que tu as perdu ton amour d’antan. Allons, rappelle-toi d’où tu es tombé, repens-toi, reviens à ton premier amour (Ap.2:4-5).

    L’Époux dit: tu ne m’aimes plus de cet amour d’antan! Le premier amour ne renvoie pas seulement à un moment donné du temps passé mais à une excellence de l’amour. Il s’agit de l’amour immaculé du moment de la conversion, il s’agit d’un amour semblable à l’amour dont le Seigneur l’aime, c’est-à-dire, d’un amour total.

    La situation de l’église de Laodicée est plus dramatique. Le Seigneur connaît le fond de son coeur et lui jette à la figure sa médiocrité.

    Je connais ta conduite: tu n’es ni froid ni chaud,—que n’es-tu l’un ou l’autre!—ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche (Ap.3.15-16).

    Les chrétiens de Laodicée jouent avec deux amours, c’est pour cela qu’ils n’aiment ni ne cessent d’aimer. Face à l’amour absolu du Ressuscité, leur amour est à vomir. Mais ils ont encore la possibilité de se convertir. Le Ressuscité continue d’aimer, c’est pourquoi il reprend et corrige. Il conseille l’achat de vêtements blancs comme il convient à une épouse digne de son Seigneur et, surtout, repentir et amour ardent. Tout n’est pas perdu: voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. (Ap.3:20. Cf. Cant. 5.1-2).

    Le tri entre le blé et l’ivraie se fait au long de l’histoire de l’humanité. Viendra le jour où l’opposition à Dieu et à son Christ—la Grande Prostituée en est la figure—sera réduite à néant, à ruines et cendres (Ap.17.18). C’est aussi grâce aux bonnes actions des saints que l’Agneau est vainqueur. Ces oeuvres de justice sont l’accomplissement du commandement, double et unique, de l’amour. Cet amour a conformé les serviteurs de l’Agneau à une Épouse vêtue de lin d’une blancheur éclatante. C’est pourquoi elle est invitée au festin des noces de l’Agneau (Ap.19:1-10).

    C’est à ce festin que nous aurons part tous ensemble, unis entre nous et unis à Lui. L’Église-Épouse est aussi l’Église-Cité, cette double métamorphose symbolise la consécration sponsale au Seigneur et la coexistence sociale diaphane (Ap.21:9-14).

    Mais le festin des noces n’a pas encore eu lieu, même si nous sommes déjà heureux d’y être invités. En attendant la venue de ce jour glorieux, l’Esprit nous inspire les paroles prophétiques appropriées pour invoquer le Seigneur. Le Christ-Époux écoute toujours le gémissement d’amour de la fiancée remplie de l’Esprit: Viens, Seigneur Jésus! Et sa réponse ne se fait jamais attendre: Oui, je viens bientôt! (Ap.22:17,20).

    2.Grande tradition mystique de l’Église

    On ne peut pas parler de mystique sans se référer au mystère. Et cela pour deux motifs. Le premier est très simple, il est d’ordre grammatical: le mot mystique est un adjectif dérivé du substantif mystère. Le second motif est plus important: la mystique est l’expérience du mystère. Mais de nos jours, le terme mystique est un terme polyvalent. Et on peut en dire autant du mystère. Ceci nous amène à une autre précision.

    La mystique chrétienne est l’accomplissement du Mystère du Christ en nous. Répétons-le à nouveau, le Mystère et la mystique ne sont pas deux réalités existantes en soi, qui puissent exister séparément. L’unique réalité existante est le Mystère-mystique, c’est-à-dire, le Mystère à l’oeuvre en nous. C’est dans l’accomplissement en nous du Mystère que nous trouvons les dimensions subjectives et objectives de toute expérience mystique chrétienne. Cette expérience a deux faces: Le Christ qui vit en nous et nous qui vivons en Christ.

    Dans sa Lettre Apostolique, Jean-Paul II parle avec insistance de notre vocation à l’union la plus totale à Dieu. Voyons trois textes fondamentaux à ce sujet.

    Le Pape parle d’abord de la contemplation comme don et grâce divine. La théologie spirituelle parlerait de contemplation infuse, c’est-à-dire d’une forme d’expérience mystique au sens le plus strict. En commentant la confession de Pierre à Césarée de Philippe, confession née de la foi et atteignant la profondeur du mystère du Christ, le Pape nous dit:

    Nous n’entrons pas dans la pleine contemplation du visage du Seigneur par nos seules forces, mais en laissant la grâce nous prendre par la main (NMI 20).

    Cette grâce mystique repose sur une base anthropologique bien claire. Jean-Paul II recourt à la doctrine patristique traditionnelle de la divinisation de l’être humain par son incorporation au Christ.

    Jésus est "l’homme nouveau" (cf. Ep 4,24; Col 3,10) qui appelle l’humanité rachetée à participer à sa vie divine. Dans le mystère de l’Incarnation sont posées les bases d’une anthropologie qui peut aller au-delà de ses propres limites et de ses propres contradictions pour aller vers Dieu lui- même, et plus encore vers la perspective de la "divinisation", à travers l’insertion dans le Christ de l’homme racheté, admis dans l’intimité de la vie trinitaire. Les Pères ont beaucoup insisté sur cette dimension sotériologique du mystère de l’Incarnation: c’est seulement parce que le Fils de Dieu est devenu vraiment homme que l’homme peut, en lui et à travers lui, devenir réellement fils de Dieu (NMI 23).

    Partant de notre réalité de créatures rachetées et comptant toujours sur l’aide de la grâce divine, nous parvenons aux plus hautes cimes du Mystère de Dieu. C’est alors qu’a lieu l’union transformatrice ou conformation au Christ. Le Pape nous rappelle la grande tradition ecclésiale centrée sur une promesse aimante du Seigneur. C’est ainsi qu’il nous invite à embrasser la mystérieuse action divine qui nous unit sponsalement au Seigneur.

    La grande tradition mystique de l’Église, en Orient comme en Occident, peut exprimer beaucoup à ce sujet. Elle montre comment la prière peut progresser, comme un véritable dialogue d’amour, au point de rendre la personne humaine totalement possédée par le Bien-Aimé divin, vibrant au contact de l’Esprit, filialement abandonnée dans le coeur du Père. On fait alors l’expérience vivante de la promesse du Christ: "Celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui" (Jn 14,21). Il s’agit d’un chemin totalement soutenu par la grâce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui connaît aussi de douloureuses purifications (la "nuit obscure"), mais qui conduit, sous diverses formes possibles, à la joie indicible vécue par les mystiques comme "union sponsale". Comment oublier ici, parmi tant de témoignages lumineux, la doctrine de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse d’Avila? (NMI 33).

    Il est aisé de reconnaître dans ce texte deux courants mystiques différents bien que complémentaires. Un courant de mystique trinitaire et filiale, qui suppose un être possédé par le Christ, mu par l’esprit et accueilli par le Père. Et un courant de mystique christologique et sponsale, en laquelle la manifestation de Jésus-Christ trouve son apogée dans le mariage spirituel. Dans l’un et l’autre cas s’accomplit la promesse du Christ: je l’aimerai et me manifesterai à lui.

    3. Tradition mystique et ascétique cistercienne

    La doctrine de Jean de la Croix et de Thérèse d’Avila s’appuie sur des témoins et a des précédents. Le siècle d’or de la mystique espagnole, en passant par l’explosion mystique flamande, atteint les profondeurs du courant mystique médiéval et cistercien.

    L’expérience présente deux aspects différents dans la mystique chrétienne médiévale. Ce qui a amené à parler de:

    • Mystique de l’essence ou de l’union: union à Dieu en son Unité et intégration profonde de l’âme.
    • Mystique del’amour ou de la relation: union au Toi divin en termes d’amour sponsal et d’alliance.

    Ces deux aspects, plus ou moins accentués ou unis entre eux, nous les retrouvons dans la doctrine de nos Pères. Guillaume de Saint Thierry présente cette double réalité dans l’unité d’une expérience unique: Aimer c’est être et devenir un seul esprit avec Dieu (Contemp 11; cf. Ep fra 257-258, 263).

    La dimension sponsale de la rencontre et de l’union au Seigneur prévaut dans les commentaires cisterciens du Cantique des Cantiques. Connaissance et amour se conjuguent dans cette union: la connaissance mesure l’amour et l’amour mesure la connaissance. L’amour resplendit quand il atteint sa fin: l’amour de l’heureux possesseur, lui, vit tout entier dans la lumière, car la possession savoureuse elle-même est la lumière de l’amant (Guillaume, Cant 76; 60; cf. 57).

    Tout comme la mystique cistercienne, l’ascèse est centrée sur l’amour. L’effort et l’exercice ascétique conforment notre volonté à celle de Dieu. Où il y a communion profonde des volontés, il y a conformation, il y a unité, il y a épousailles.

    Une telle conformité marie l’âme au Verbe. Déjà semblable à lui par nature, elle se montre semblable à lui par la volonté, aimant comme elle est aimée. De ce fait, si elle aime parfaitement, elle est l’épouse (...). C’est vraiment là un mariage spirituel qui est saintement contracté. Mais c’est trop peu dire encore: il y a plus qu’un contrat, une étreinte, une union totale où le même vouloir, les mêmes refus confondent deux esprits en un seul (...) Ce sont l’Époux et l’Épouse. Entre époux, quelle autre nécessité ou lien cherches-tu sinon celui d’aimer et d’être aimé? (Bernard, SC 83,3)

    Le mariage spirituel est donc bien la cime et le terme de notre pérégrination chrétienne sur le chemin de l’ascèse et de l’oraison. Il ne s’agit pas de "phénomènes mystiques" mais d’une possibilité de notre nature créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, rendue effective par la grâce de Dieu. Tout se réduit à un "Oui" inconditionnel et permanent à Dieu et à son vouloir. Dans la pratique quotidienne, cela revient à ne pas chercher le bien propre mais chercher la gloire de Dieu et le bien du prochain.

    Et que l’on ne croie pas que cette communion sponsale au Christ n’est réservée qu’à quelques privilégiés. Le Saint Père invite tous les chrétiens à cette union. Et, des siècles auparavant, Bernard de Clervaux faisait déjà de même en des accents qui éveillent et dynamisent notre désir et notre espérance.

    Toute âme, même chargée de péchés, captive de ses vices, incarcérée dans son corps, clouée à ses soucis, distraite par ses affaires, figée par ses frayeurs, frappée de multiples souffrances, allant d’erreur en erreur, rongée d’inquiétudes, ravagée de soupçons, et finalement, selon le Prophète, étrangère en pays ennemi...toute âme, dis-je, en dépit de sa damnation, de son désespoir, peut encore trouver en elle-même des raisons non seulement de respirer dans l’espérance du pardon et de la miséricorde, mais même d’aspirer aux noces du Verbe, pourvu qu’elle n’ait pas peur de conclure un traié d’alliance avec Dieu et ne craigne pas de se placer avec le Roi des anges sous le joug de l’amour. Ne se permettra-t-elle pas toutes les audaces envers celui dont elle voit qu’elle est l’image glorieuse et dont elle porte clairement la ressemblance? Que craindrait-elle, dis-je, de la majesté divine, elle qui dès l’origine s’est vue accorder la confiance du Maître? Il suffit qu’elle s’applique à une vie honnête, à conserver sa noblesse native ou plutôt qu’elle cherche à embellir encore, par l’éclat de ses moeurs et de ses sentiments, cette beauté céleste qui est son premier partage (SC 83:1).

    4.Enrichissant notre tradition

    La tradition mystique cistercienne en sa forme monastique peut être enrichie par une mystique séculière de diverses façons. Je m’en tiendrai à l’une d’elles. Un texte de saint Bernard me la suggère. Il s’agit du dernier "itinéraire" spirituel que nous offre l’Abbé de Clervaux. Bernard commente ce verset du Cantique qui dit: Sur ma couche, la nuit, j’ai cherché celui que mon coeur aime (Cant 3,1). Et il présente sept raisons pour lesquelles l’âme cherche le Verbe. La cinquième se rapporte à l’acquisition de la beauté, c’est-à-dire: la simplicité nécessaire à l’âme pour qu’elle conserve l’intégrité de sa renommée avec une bonne conscience. L’âme qui se revêt de la beauté de cette pureté et de cette sorte de vêtement blanc de céleste innocence revendique la glorieuse ressemblance au Verbe (SC 85,1).

    A partir de ce degré l’âme peut songer aux noces spirituelles. Pourquoi ne l’oserait-elle pas puisqu’elle se voit semblable à lui? Elle ne craint plus l’élévation, celle que la ressemblance associe à lui, que l’amour unit à lui, que la profession marie. La forme de cette profession, la voici: "J’ai juré et résolu d’observer les décrets de ta justice". Les apôtres la suivaient et disaient. "Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi". Ces paroles sont semblables à celles qui ont été prononcées à propos du mariage charnel mais qui concernent les noces spirituelles du Christ et de l’Église: "L’homme quittera son père et sa mère, pour s’attacher à son épouse; et ils seront deux en une seule chair". Et chez le Prophète, voici le chant de gloire de la mariée: "Il m’est bon de m’unir à Dieu, de mettre dans le Seigneur Dieu mon espérance" ( Ps.72,28) (SC 85,12)

    Ce que nous dit là Bernard peut passer inaperçu, mais c’est d’une extrême importance. L’Abbé de Clervaux nous dit que la profession religieuse comme l’union matrimoniale peuvent aider à comprendre les caractéristiques de l’union sponsale entre l’âme et le Verbe. La profession religieuse, en tant qu’engagement à tout quitter pour suivre Jésus. Le mariage, en tant que signe des noces entre le Christ et l’Église. Chacune à sa façon, l’une et l’autre vocation réalisent l’union sponsale avec le Christ Époux. Les médiations et les modalités changent, mais l’objectif final est le même.

    Quand un moine, une moniale, un homme marié ou une femme mariée peut en arriver à dire: Pour moi, la vie c’est le Christ et mourir est un gain, nous pouvons être certains que cette personne est déjà épouse et qu’elle est déjà fécondée par le Verbe (SC 85:12).

    Nous croyons généralement que la personne mariée a "le coeur partagé" (cf. I Cor. 7:34) et que, par conséquent, elle ne peut ni accueillir ni se livrer totalement au Seigneur. C’est une grave erreur. Paul n’établit pas là un principe, il constate seulement. N’importe qui d’entre nous peut aussi constater qu’il y a également des célibataires et des vierges au coeur partagé! La seule réalité qui partage le coeur—et peut même le tuer—c’est le péché, qui est toujours manque d’amour.

    Nous avons aussi coutume de croire que le moine et la moniale sont en relation directe avec Dieu, tandis que le laïc et la laïque mariés le sont par l’intermédiaire du mariage et de la famille. On dirait que nous oublions que nous, moines et moniales, avons fait voeu d’obéissance à un supérieur et de stabilité dans une communauté. Ce n’est pas en vain que saint Benoît conclut sa Règle en exprimant ce désir: Que le Christ nous conduise tous ensemble à la vie éternelle! (RB 72:12). Seuls, la foi, l’espérance, la charité et le Don de l’Esprit nous unissent à Dieu de façon immédiate, et ce sont là des dons et des vertus propres à tous les baptisés. Même la solitude, monastique ou laïque, peut être peuplée, pour le meilleur et pour le pire; pour le meilleur lorsqu’elle permet de devenir existentiellement solidaires de tous, pour le pire lorsque notre immaturité affective nous centre sur notre propre nombril.

    La vie monastique cistercienne, en tant que forme et système de vie, doit créer le milieu le plus apte à faciliter un type d’expérience chrétienne. La vie matrimoniale et familiale d’un laïc et d’une laïque cisterciens doit également créer le milieu le plus approprié à un autre type d’expérience chrétienne. Chacun a un charisme, don de l’Esprit de Dieu, et tous communient au charisme commun de la grâce cistercienne. En quoi consiste exactement cette grâce charismatique? Dans l’optique mystique où je me suis situé, je peux dire que le charisme cistercien consiste en ceci:

    • Ordonner notre échelle de valeurs de telle sorte que les valeurs religieuses occupent l´échelon le plus haut et la place prépondérante. De façon plus explicite, toute la vie doit être régie et orientée vers la recherche et la rencontre de Dieu dans le visage du Christ.
    • S’attacher au Christ Époux de l’Église et de chaque chrétien. Lui nous montre, dans son incarnation, sa pâque et son eucharistie, la nature intime de la sponsalité: un amour gratuit, total, permanent et fécond qui invite à la réciprocité.
    • Donner une priorité pratique à l’oraison, entendue comme accueil et don gratuits, vécue comme foi amoureuse anticipant la visite de l’Époux attendu. Et ceci vaut pour toutes les formes d’oraison: liturgique et de dévotion, secrète, matrimoniale, familiale et communautaire....
    • S’efforcer et s’exercer à la discipline de l’amour, compris comme volonté commune avec Dieu et le prochain. Amour fondé sur la vérité, vérité qui ouvre à la connaissance de soi et à la miséricorde envers sa propre misère et celle d’autrui.

    Je conclus en m’adressant principalement aux Laïcs et Laïques Associés, plus exactement à nos frères et soeurs laïcs et laïques cisterciens. Tout spécialement à ceux qui sont unis par le sacrement de mariage. Le Christ est présent en votre expérience conjugale. Votre "divinisation", en tant que conjoints, se réalise quand l’amour conjugal est assumé par l’amour divin (Gaudium et spes 48,49; cf. Jean-Paul II, Catéchèse du 4-VII-84). Les souhaits exprimés, à ce sujet, par Bernard de Clervaux dans une lettre au Duc et à la Duchesse de Lorraine sont très éloquents: trouvez vos délices l’un et l’autre dans les chastes étreintes de l’amour, de telle sorte que pour tous deux, seul l’amour du Christ les surpasse ( Ep.119).

    La conjugalité est une façon de vivre la sponsalité. La virginité et le célibat consacré en sont une autre. Le dialogue entre elles est appelé à enrichir notre expérience mystique et cistercienne du Mystère sponsal de Dieu.

    Dom Bernardo Olivera
    Rome, 7 janvier 2001
    IIème Rencontre Internationale de Laïcs Cisterciens, Conyers, 25-IV-02


  • Réflexions sur le défi des Associations Charismatiques (1er janvier 1995)
  • Réflexions sur le défi des Associations Charismatiques (1er janvier 1995)


    En divers endroits où se trouve aujourd’hui notre Ordre, on voit surgir des personnes ou des groupes qui désirent partager d’une façon ou d’une autre notre charisme. Dans certains endroits, on peut constater ce fait par la présence de lieux (salles, maisons) mis à la disposition de groupes (souvent de jeunes). On trouve aussi des groupes de bienfaiteurs qui s’organisent pour aider une communauté ou l’autre. Enfin, ne manquent pas non plus les demandes d’associations en vue d’une certaine forme d’oblature.

    Ces faits, relativement nouveaux pour notre Ordre, coïncident avec le surgissement des laïcs dans la vie de l’Église. De plus, dans plusieurs pays, les Mouvements laïcs ont modifié la conception et la vision de l’Église elle-même. Le récent Code de Droit canonique a "canonisé" le désir des laïcs de partager la vie et la spiritualité des instituts religieux. Selon le canon 303, tout institut peut établir un type d’association avec des laïcs séculiers.

    Comment devons-nous interpréter ces faits? Qu’est-ce que le Seigneur cherche à nous dire à travers ce signe des temps qui semble certainement être un signe de Dieu?

    Ces questions ne peuvent être étrangères au service de l’Abbé Général. Ce n’est pas en vain qu’on dit dans les Constitutions que l’Abbé Général "est celui qui veille au maintien et au développement du patrimoine de l’Ordre" (C. 82.1).

    1. Communion de charismes

    L’ecclésiologie de communion offre une base pour un lien approprié entre unité et pluralité dans l’Église. Dans l’Église-Communion, les états de vie existent liés entre eux, de telle sorte qu’ils s’ordonnent réciproquement. Même si leur sens profond est unique et commun, chacun tient sa physionomie originale et spécifique, et en même ils existent tous en relation mutuel de service.

    L’unité plurielle de l’Église ne s’épuise pas dans les différents états de vie, mais elle se révèle plus riche et plus variée par la pluriformité des charismes et la communion entre eux. Toute vocation ou forme de vie chrétienne authentique est une vie dans l’Esprit et, pour cela, une vie charismatique.

    En recevant l’Esprit Saint, nous avons tous reçu le "charisme supérieur" de la charité (1 Co 13,1). De plus, chacun dans le Corps du Christ remplit un service ou une fonction, et c’est l’Esprit qui le rend apte pour ce service ou cette fonction. Pour cela, tout chrétien est un charismatique:

    - "Chacun a reçu de Dieu son propre don, l’un d’une façon, l’autre d’une autre" (1Co 7,7).
    - "Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous" (1 Co 12,7).
    - "A chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ" (Eph 4,7).
    - "Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets" (1 P 4,10).
    - Par conséquent, l’Écriture nous enseigne à considérer nos capacités, habiletés et professions dans toute leur profondeur: comme des dons reçus qu’on doit exercer pour construire la communauté (cf. Eph 4,12).

    Le Concile Vatican II, reprenant cette doctrine de l’apôtre Paul, nous dit encore: "Ces charismes, qu’ils soient extraordinaires ou plus simples et plus répandus, sont ordonnés et adaptés d’abord aux besoins de l’Église: ils doivent donc être accueillis avec gratitude et joie spirituelle. Cependant, il ne faut pas demander imprudemment les dons extraordinaires, pas plus qu’il ne faut en attendre présomptueusement les fruits des travaux apostoliques. C’est à l’autorité ecclésiastique qu’il appartient de juger de l’authenticité et de la mise en oeuvre de ces dons; et c’est aussi à elle qu’il appartient spécialement de ne pas éteindre l’Esprit, mais de tout examiner et de retenir ce qui est bon" (Lumen Gentium 12; cf. Ad Gentes 28, Apostolicam Actuositatem 3).

    Jean-Paul II dans l’Exhortation post-synodale Christifideles laici (no 24) reprend et amplifie cet enseignement conciliaire: "Le Saint-Esprit, en confiant à l’Église-Communion les différents ministères, l’enrichit d’autres dons et impulsions particulières, appelés charismes. Ceux-ci peuvent prendre les formes les plus diverses, soit comme expression de la liberté absolue de l’Esprit qui les accorde, soit comme réponse aux multiples exigences de l’histoire de l’Église. [...] Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit-Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Église, aux bien des hommes et aux besoins du monde. De nos jours également, nous pouvons voir s’épanouir divers charismes parmi les fidèles laïcs, hommes et femmes. Ils sont donnés à une personne déterminée, mais ils peuvent être partagés par d’autres, de sorte qu’ils se maintiennent à travers le temps comme un héritage vivant et précieux, qui engendre une affinité spirituelle particulière entre de nombreuses personnes."

    Quand nous avons été baptisés et confirmés, nous avons été consacrés par l’Esprit-Saint, pour une mission dans l’Église à travers les charismes que l’Esprit lui-même nous a accordés. Cette aptitude charismatique pour la mission peut se caractériser de différentes façons:

    Don charismatique personnel et non transférable: cas de dons individuels comme celui des fondateurs.
    Don charismatique double: cas de dons partagés dans la conjugalité matrimoniale.
    Don charismatique collectif: cas des instituts de vie consacrée, des mouvements ecclésiaux et d’autres types d’associations chrétiennes.
    Le charisme collectif ou co-partagé implique un mode d’être spécifique, une mission et une spiritualité spécifiques, un style de vie et une structure au service de la communion et de la mission ecclésiale.

    La participation au charisme collectif facilite la formation des membres d’un groupe déterminé, produit une meilleur cohésion de ce même groupe, forme une identité plus solide, donne le sentiment d’appartenir à une famille spirituelle, est source de créativité et d’élan pour répondre avec empressement aux signes des temps.

    Les charismes collectifs, dons de l’Esprit, sont un élan dynamique qui se développe continuellement en harmonie avec le Corps du Christ en croissance constante; ils sont confiés à des groupes humains pour être vécus et interprétés, pour être rendus féconds et rendre témoignage, au service de la communion ecclésiale dans les divers contextes offerts par les cultures.

    Certains de ces charismes collectifs sont partagés, par don de l’Esprit, par des personnes appartenant à différents états de vie, et de là vient qu’ils sont traduits en formes de vie séculière, sacerdotale et religieuse.

    Tout institut de vie consacrée, association sacerdotale, regroupement missionnaire, mouvements d’Église... a à sa base un charisme collectif comme expérience du Père, par don gratuit de l’Esprit, pour édifier et servir le Corps du Christ (Cf. Paul VI, Evangelica testificatio 11-12; SCRIS, Mutuae relationes 11). Les signes qui caractérisent un charisme collectif authentique sont les suivants:

    - Apport d’une réelle nouveauté à la vie spirituelle de l’Église.
    - Efficacité particulière qui peut même devenir conflictuelle.
    - Vérification constante de la fidélité au Seigneur et de la docilité à l’Esprit.
    - Prudente attention aux signes des temps et des diverses circonstances.
    - Volonté d’insertion dans l’Église.
    - Conscience de sa propre subordination à la hiérarchie.
    - Audace dans les initiatives, constance dans l’engagement et humilité dans les épreuves et contretemps.
    - Il n’y a pas de charisme authentique et de nouveauté sans souffrance intérieure et sans croix (Cf. SCRIS, Mutuae relationes 12).
    Ce charisme collectif, en tant que charisme fondateur ou charisme des fondateurs, est appelé à "être vécu, conservé, approfondi et développé constamment en harmonie avec le Corps du Christ en perpétuelle croissance" (Cf. SCRIS, Mutuae relationes 11).

    Les charismes collectifs peuvent, en plus d’être partagés, être vécus et considérés comme des charismes ouverts à de nouvelles formes de présence et d’expressions au fil de l’histoire.

    On doit donc constater finalement que ce n’est pas le fondateur qui communique le charisme à ceux qui s’associent à lui. Seul l’Esprit Saint est l’auteur des charismes dans le corps ecclésial et c’est lui seul qui les communique. Le groupe autour du fondateur naît quand un certain nombre de personnes prennent conscience de leur propre grâce vocationnelle en rencontrant le fondateur et s’unissent à lui pour réaliser leur propre vocation. On peut dire, si l’on veut, que le fondateur donne accès au charisme à travers l’harmonie spirituelle entre lui et les autres.

    Tous les charismes, aussi nombreux et variés qu’ils soient, s’unifient dans l’unique mission. Les différents charismes trouvent leur identité dans leur relation mutuelle à l’intérieur de la communion et de la mission.

    2. Le charisme cistercien

    Le charisme cistercien "prend sa source dans la tradition monastique de vie évangélique qui trouve son expression dans la Règle des monastères de saint Benoît de Nursie" (C.1) Les Fondateurs de Cîteaux donnèrent à cette tradition une "forme particulière", dont certains aspects furent défendus avec force par les monastères de l’Étroite Observance (C.1).

    Nos Constitutions, surtout dans la première partie sur le Patrimoine, sont une bonne présentation de notre charisme. Cependant, on doit reconnaître qu’elles n’épuisent pas la vie et la manifestation de ce même charisme. Pour avoir une conception plus complète, il faudrait aussi consulter et prendre en considération les autres membres de la Famille cistercienne.

    3. Charisme collectif: partagé et ouvert?

    Compte tenu de tout ce qui précède, nous pouvons dire que le charisme cistercien est un charisme collectif. Mais pouvons-nous aussi le considérer comme un charisme partagé et ouvert? Que nous enseigne notre histoire à ce sujet? Notre charisme peut-il être partagé par des laïcs dans le monde? Notre charisme peut-il s’ouvrir à des formes séculières, c’est-à-dire, non monastiques, au sens juridique du terme?

    A. Charisme ouvert

    Les 900 ans parcourus depuis la fondation de Cîteaux nous permettent-ils de dire que le charisme cistercien est un charisme ouvert? C’est-à-dire: le charisme cistercien a-t-il connu différentes configurations au fil de l’histoire?

    Les moniales

    Les fondateurs de Cîteaux ne souhaitaient pas une branche féminine. Ils considéraient que la forme de vie qu’ils désiraient vivre n’était pas faite pour les femmes. Mais l’apparition de groupes féminins de moniales et la demande insistante d’une incorporation, association et reconnaissance, a amené l’Ordre naissant à s’ouvrir à cette possibilité. C’est ainsi qu’est apparu le visage féminin du charisme cistercien, visage qui, dans certains cas, comme celui des moniales cisterciennes de Montreuil, n’avait pas grand chose de féminin. Hermann de Tournai nous parle, avec un certain étonnement, de ces moniales:

    "Elles tendent de toutes leurs forces vers le Royaume de Dieu, impatientes de vaincre non seulement le siècle mais aussi le sexe. Elles ont embrassé violemment, librement et spontanément, l’Ordre de Cîteaux que bien des hommes jeunes et robustes ne se risquent pas d’embrasser. Renonçant aux vêtements de lin et aux fourrures, elles gagnent leur vie en travaillant assidûment de leurs mains, en silence; et non seulement en filant et tissant - travaux propres aux femmes - mais aussi en cultivant les champs, coupant le bois à la hache et à la faucille, arrachant les ronces et les mauvaises herbes, imitant en tout la vie des moines de Clairvaux, montrant par leur vie la vérité de cette parole du Seigneur: "Tout est possible à quiconque croît" (De miraculis Sanctae Mariae Laudunensis, PL 156 col. 1001-1002).
    Les convers

    Personne ne met en doute que les frères convers ont partagé depuis toujours le charisme cistercien. Cependant, les convers n’étaient pas moines et, bien souvent, ils ne vivaient pas dans l’enceinte du monastère. Il ne fait aucun doute que la présence des convers a marqué un enrichissement de notre charisme et d’aucune manière un appauvrissement de celui-ci. Avec les convers est donc apparu très tôt dans notre histoire une nouvelle configuration de notre charisme. Et on pourrait en dire autant des "familiers" qui ont existé de tout temps dans nos monastères.

    Le texte du Petit Exorde sur les convers est bien connu de tous: "Ils décidèrent donc de recevoir avec la permission de leur évêque des convers laïques, portant la barbe, et de les traiter comme eux-mêmes pendant leur vie et à leur mort, à l’exception du statut monastique (Exordium Parvum 15,10). Et dans l’un des Statuts des premiers Chapitres Généraux, nous lisons:

    "Les travaux des granges doivent être faits par les convers et les journaliers. Avec la permission des évêques, nous recevons les convers, en qualité de familiers et de coadjuteurs, sous notre sollicitude de la même manière que les moines, et nous les considérons comme frères et participants de nos biens, tant spirituels que matériels, comme pour les moines" (Collection dite de 1134; Canivez 1,14; cf. Chapitre 20 à la fin de la Summa Carta Caritatis).
    Les Ordres militaires

    Avec la venue des Ordres militaires est apparu, d’une certaine manière, un autre visage cistercien. L’"esprit" qui animait les Chevaliers du Temple n’était pas étranger au charisme de Cîteaux: si Cîteaux avait donné le "nouveau Monastère", les Templiers étaient alors, selon les termes de saint Bernard, la "nouvelle Milice", c’est-à-dire: une nouvelle forme de monachisme et une nouvelle forme de chevalerie.

    Et c’est encore plus vrai de l’Ordre de Calatrava. En 1164, l’Abbé Gilbert de Cîteaux et les co-abbés réunis en Chapitre Général, en réponse à Dom García, Maître de Calatrava, écrivirent ceci:

    "Quant à ce que vous avez demandé humblement, à savoir: avoir part à la communion de ceux qui sont attachés à notre Ordre, c’est non seulement comme à des familiers mais comme à des frères que nous y consentons volontiers."
    Le Chapitre de 1164 laisse ensuite entre les mains de l’Abbé de Scala Dei, avec le conseil de ses filiations en Espagne, le soin de déterminer la "forme de vie" qu’on doit observer dans l’Ordre de Calatrava (Bullarium Ordinis Militiae de Calatrava, Madrid, A. Marín, 1761, pp. 3-4). Mais ce n’est qu’en 1187 que Calatrava sera pleinement incorporé à Cîteaux comme filiation de Morimond.

    En pratique, les chevaliers de Calatrava ne furent jamais des moines cisterciens au sens strict. On peut dire qu’ils constituèrent une troisième classe de personnes, ensemble avec les moines et les convers. Il faut noter que le Pape Eugène IV, en 1440, substitua le voeu de chasteté par le voeu de chasteté conjugale dans des cas particuliers.

    La Famille cistercienne

    Il existe actuellement trois grandes branches dans l’arbre cistercien. Utilisant une autre image, nous pouvons parler de la Famille cistercienne composée par: l’Ordre de Cîteaux (OC), l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance (OCSO) et la Congrégation autonome de Saint Bernard, associé à l’OCSO. A ces trois groupes, nous pourrions aussi ajouter l’Ordre des Moniales Bernardines d’Esquermes et les Bernardines de Oudenaarde. Pouvons-nous mettre en doute l’identité cistercienne de certaines de ces communautés du fait qu’elles se consacrent à l’enseignement ou à d’autres formes d’apostolat compatibles avec la vie monastique?

    En conclusion, notre histoire séculaire nous montre que le charisme cistercien s’est ouvert au long du temps à différentes configurations. Notre charisme a donc été un charisme ouvert et, en un certain sens, un charisme partagé. Il est vrai aussi que les diverses configurations qu’a connues notre charisme ont été et sont encore des configurations monastiques, à l’exception des Ordres militaires et des convers, d’un point de vue canonique.
    B. Charisme partagé

    Est-il possible de concevoir le charisme cistercien comme un charisme partagé avec les séculiers dans le monde afin de donner lieu à une forme cistercienne séculière?

    Disons avant tout que notre charisme, comme tout charisme, est un don de l’Esprit pour édifier l’Église comme Corps du Christ. Personne ne possède le charisme cistercien comme une propriété privée. Notre charisme appartient fondamentalement à l’Église et l’Esprit peut le partager avec qui il veut, sous la forme qu’il veut et dans la mesure où il le veut.

    Nous, les Cisterciens, nous avons donné une forme historique monastique à ce don particulier de l’Esprit. Cette forme monastique est partie intégrante du charisme original des débuts. Cependant, cela n’a pas empêché, comme nous l’avons vu, que le charisme soit partagé avec les convers, les familiers et les chevaliers des Ordres militaires.

    Le fait que les séculiers aujourd’hui se sentent attirés par le charisme cistercien et se reconnaissent en lui peut-il être compris comme un signe que l’Esprit souhaite également le partager avec eux afin que ledit charisme reçoive aussi une forme séculière dans l’aujourd’hui de notre histoire?

    Si la réponse à cette question est affirmative, toute une autre série de questions surgissent: Y a-t-il place pour une mutuelle reconnaissance et complémentarité? Peut-on parler d’association charismatique mutuelle? Est-il vrai que l’identité existe seulement dans la relation? Qu’avons-nous de valable à partager? Quels sont les principaux dangers que tout cela entraîne?

    4. Essai de réponses

    Il ne revient pas qu’à moi de répondre aux questions soulevées ici. La réponse doit être trouvée dans une recherche commune, à la lumière de l’Esprit, et dans un climat de discernement de ce que le Seigneur de l’Histoire dit aujourd’hui à son Église.

    Toutefois, dans le but de stimuler la recherche, tout en restant ouvert à des opinions différentes et même contraires, je me permets d’avancer ici quelques éléments de réponses.

    A. Charisme partagé avec les séculiers?

    La nature monastique de notre Ordre (C.2) n’empêche pas que plusieurs éléments de sa spiritualité (C.3) puissent être partagés avec les laïcs dans le monde. De fait, la Règle de saint Benoît a été vécue depuis des siècles par des oblats qui vivent à l’extérieur des monastères. De plus, divers monastères de l’Ordre de Cîteaux appartenant à différentes Congrégations comptent des oblats laïcs vivant dans le monde.

    La séparation du monde (C.29) caractéristique propre à notre vie monastique, ne doit pas nous faire oublier que, comme membres de l’Église, notre vie monastique a "une authentique dimension séculière" qui enfonce ses racines dans le mystère du Verbe incarné. Il est certain que tous les membres de l’Église participent à sa dimension séculière, mais cela de façons diverses. Le "caractère séculier" des fidèles laïcs est différent et complémentaire de la dimension séculière des moines et des moniales (Christifideles laici 15).

    Notre zèle monastique pour "l’extension du Règne de Dieu et le salut de toute l’humanité" (C.31) comprend aussi "la restauration de tout l’ordre temporel" (Christifideles laici 15). Notre secrète fécondité apostolique (C.3,4) trouve une profonde consonance et se complète par la vocation des fidèles laïcs "appelés par Dieu à travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges [...]" (Christifideles laici 15).

    Notre mission d’annoncer l’Évangile par notre présence contemplative (C.68.1) n’a pas l’exclusivité et n’exclut pas; au contraire, elle admet la complémentarité de la présence contemplative de laïcs immergés au coeur du monde. La mission propre de notre charisme ne s’épuise pas avec notre manière de la vivre et de la manifester. L’implication de laïcs séculiers dans notre charisme et notre mission rendrait plus évidentes l’actualité et l’utilité de ceux-ci.

    Le mystère de l’Église-communion implique, en pratique, un échange de dons au service de la nouvelle évangélisation.

    Par conséquent, répondant à la première question, je considère que le fait que les laïcs aujourd’hui se sentent attirés par le charisme cistercien et se reconnaissent en lui, peut être compris comme un signe que l’Esprit désire également le partager avec eux, afin que ledit charisme reçoive aussi une forme séculière dans l’aujourd’hui de notre histoire.

    B. Reconnaissance mutuelle?

    Au cours de l’histoire, les laïcs associés de diverses formes aux instituts religieux ont maintenu une certaine relation de dépendance vis-à-vis de ceux-ci. Cette réalité a changé ces derniers temps. Dans de nombreux cas, la demande de laïcs séculiers de participer au charisme d’un institut est venu de ce qu’ils se sentent eux aussi dépositaires du dit charisme. Il semblerait que l’expérience de Pierre dans la maison de Corneille soit en train de se répéter, bien que dans un autre ordre: " Quelqu’un pourrait-il empêcher de baptiser par l’eau ces gens qui, tout comme nous, ont reçu l’Esprit Saint? [...] Si Dieu a fait à ces gens le même don gratuit qu’à nous autres... étais-je quelqu’un, moi, qui pouvait empêcher Dieu d’agir?" (Ac 10,47; 11,17).

    Quelque chose de similaire est en train de se produire aussi entre nous. Dans ce cas, quand l’Ordre se voit reconnu comme dépositaire historique du charisme cistercien et interpellé à ce propos, il nous revient à nous de faire un discernement sur l’affinité et l’authenticité du charisme reçu par nos interlocuteurs laïcs.

    Tout cela implique également une ouverture de notre part afin de nous laisser discerner la cohérence de nos vies en lien avec nos Constitutions, comme aussi notre réponse aux défis contemporains et aux signes des temps.

    Dans les deux sens qui viennent d’être indiqués, il me semble que nous pouvons parler d’une mutuelle reconnaissance charismatique: étant reconnus, nous reconnaissons pour être de nouveau reconnus.

    C. Association charismatique?

    Déjà à partir du VIIe siècle, le monachisme a connu autour de lui un certain style de vie laïc qui a donné lieu à la "famille monastique", au sens large du terme. On peut en dire autant des Chanoines réguliers et des Mendiants. Nous savons qu’autour des Mendiants naquirent les seconds ordres (c’est-à-dire la vie consacrée féminine), l’institution des pénitents et les tiers ordres de type laïc.

    Plus récemment, sont apparus divers genres de groupes qui se nourrissent de l’esprit et participent à la mission des Congrégations religieuses et des Sociétés de vie apostoliques. Ces groupes ont reçu une grande variété de noms: collaborateurs, partenaires, associés, affiliés, confrères,....

    Aujourd’hui, dans le contexte du renouveau des laïcs et des nouveaux mouvements laïcs, on retrouve le phénomène de laïcs qui, individuellement ou associés, cherchent un genre de lien avec des instituts de vie consacrée. Dans ce cas, il me semble correct et acceptable de donner le nom d’association charismatique à ce phénomène. L’ecclésiologie de communion organique, dans laquelle toutes les vocations ont une même origine et une même fin, est le cadre de référence adéquat qui justifie cette appellation.

    Peut-être que dans quelques années, ce sera dépassé de parler d’associations charismatiques. L’Esprit souffle où et comme il veut, mais son oeuvre est toujours une oeuvre de communion. Connaîtrons-nous le jour où nous parlerons de "communion charismatique" pour nous référer à la communion entre moines/moniales et laïcs/laïques séculiers/ séculières dans un même charisme?

    D. Identité dans la relation

    A la lumière de tout ce qui précède, il est clair qu’aujourd’hui, il n’est plus valable et approprié de définir l’identité charismatique à partir d’une perspective statique et fermée. L’identité dans les différentes formes de vie du Peuple de Dieu émerge du processus dialectique de l’existence ecclésiale. La distinction de chaque charisme s’établit dans un contexte de convergence-divergence, communion-séparation.

    Par conséquent, je n’hésite pas à affirmer que: notre identité cistercienne est une réalité qui nous permet de nous auto-identifier par ce qui nous différencie à l’intérieur d’une dynamique de relations et non pas de juxtapositions et d’exclusions.

    Une identité clairement définie empêchera les moines de jouer aux séculiers et ces derniers aux moines, dans le respect des vocations respectives et des styles de vie propres à chacun.

    E. Que pouvons-nous partager?

    La question est valable. Dans ses grandes lignes, il me semble qu’un début de réponse devrait se garder d’oublier ce qui suit:

    - La suite de Jésus: aspects du mystère de Jésus le Christ qui, selon notre charisme, s’est offert comme fondement et modèle à suivre.

    - Insertion ecclésiale: une manière déterminée de vivre et de se sentir en Église et d’être au service des Églises locales.

    - Spiritualité et mission concrètes: qui permettent, en étant partagées, de former une unique famille.

    Pour parvenir à cet objectif triple et fondamental, nous devons demander aux laïcs attirés par notre charisme de nous aider à faire une relecture séculière de ce charisme. Une première confrontation avec nos Constitutions pourrait servir à ce propos.
    Les Maîtres spirituels cisterciens enseignent à tous à trouver dans la Règle de saint Benoît des conseils et des directives pour la vie spirituelle. En ce sens, la Règle bénédictine offre une doctrine riche sur l’humilité, l’obéissance, le silence, la crainte et l’amour de Dieu. Mais nos Pères ont aussi développé beaucoup d’aspects de la vie dans l’Esprit qui se rencontrent à peine chez saint Benoît, comme par exemple: la doctrine de l’image et de la ressemblance de Dieu, la nécessité de la connaissance de soi pour accéder à la connaissance de Dieu, l’itinéraire de l’âme vers Dieu, la doctrine sur l’amour des frères et de Dieu, l’expérience mystique,....

    Bernard de Clairvaux a écrit "dans le but d’édifier" (SC 27.1). Nous pouvons nous demander: édifier quoi et qui? La réponse me paraît être celle-ci: édifier la vie chrétienne et cistercienne, dans le cloître et en dehors du cloître.

    Nous avons donc beaucoup à offrir et à partager. Et aussi à recevoir: l’expérience de notre charisme faite par les laïcs séculiers est appelée à enrichir l’expérience monastique de ce même charisme. De plus, comme le dit bien Christifideles laici 61:

    "A leur tour, les fidèles laïcs eux-mêmes peuvent et doivent aider les prêtres et les religieux dans leur cheminement spirituel et pastoral."
    F. Dangers?

    Face à un danger, il n’y a que deux possibilités: fuir ou affronter. Le premier est déjà une déroute, le second peut être une occasion de victoire. Je n’ignore pas que la réussite des associations charismatiques est un don difficile à conquérir. Il me semble que les trois principaux problèmes à résoudre sont:

    - Dans l’ordre du lien: comment établir et organiser un lien adéquat et une égalité.

    - Dans l’ordre des identités: comment sauvegarder les indispensables différences et autonomies.

    - Dans l’ordre de la formation: comment établir des programmes de formation sans tomber dans une activité apostolique étrangère à notre vie.
    En effet, il n’est pas facile d’établir des liens qui unissent non seulement sans confondre mais même en distinguant, comme le fait le véritable amour. Il n’est pas facile non plus de former efficacement sans programmer sérieusement.

    Malgré les risques, j’estime important d’être ouverts à la possible création d’associations charismatiques avec des laïcs séculiers ou consacrés à titre individuel ou comme groupe. Il s’agit en définitive de discerner tout et de nous en tenir à ce qui est bon.

    Et pour pouvoir discerner, nous avons besoin de critères. En ce qui a trait à la communauté monastique locale, je suggère les critères suivants:

    - Identité monastique claire, assimilée et vécue, jointe à une certaine capacité de communiquer cette identité.

    - Intensité de la vie dans l’Esprit capable de stimuler et d’encourager les séculiers à vivre le charisme cistercien sans dévaloriser leur propre caractère séculier.

    - Capacité d’orienter et d’aider à découvrir de nouvelles manières d’actualiser le charisme cistercien au coeur de la société
    Bernardo Olivera
    1er janvier 1995


Documents du Comité de Coordination

  • Meeting Minutes (April 2009) (15 avril 2009)
  • Meeting Minutes (April 2009)


    See English language page

  • Contribution financière (17 octobre 2008)
  • Contribution financière


    A nouveau réunis à Assise,  réfléchissant à l’avenir des Communautés Laïques Cisterciennes et du Comité International, nous sommes dans l’obligation de vous solliciter pour l’aide économique nécessaire à notre travail.

    Faisant référence au document « Les liens de charité qui nous unissent», approuvé à l’unanimité à Huerta, dans son paragraphe 7 :

    « Pour permettre un bon fonctionnement de l’Association, une contribution financière des membres des Communautés représentées dans l’Association est appropriée. Le Comité est responsable de la gestion des comptes de l’Association. Un rapport financier est soumis aux membres à chaque Rencontre », nous croyons nécessaire de prendre une décision afin qu’il soit une réalité.

    Les sujets économiques sont toujours un thème ardu, surtout quand le motif de notre union est spirituel, mais rappelons nous la parole de St Paul « celui qui ne travaille pas qu’il ne mange pas non plus » Thess. Nous avons conclu que la contribution de chaque Laïc Cistercien pour la valeur d’une heure de travail par an, serait une façon juste d’affronter ce problème

    Cette somme pourrait être reversée au trésorier de sa communauté et remise au Comité International, une fois par an. Rappelons que toutes les LCC enregistrées dans le site web sont considérées comme faisant partie de l’Association.

    Cette participation, modeste et équitable, nous permet de participer tous de manière équivalente. Nous aurons ainsi la possibilité de faire notre travail et d’envisager des aides pour la prochaine Rencontre Internationale.

    Nous espérons votre première participation pour l’année en cours.

    Pour les trois prochaines années le compte de l’Association sera aux USA, les sommes sont à verser à Dennis.

    Dennis établira un rapport annuel des recettes et des dépenses, diffusé sur le site.

    Nous vous remercions vivement de votre générosité.

    Bien amicalement,
    Dennis Day
    Tina Parayre
    Marie-Christine Rossignol

  • Compte-rendu de la réunion (13 au 19 Septembre 2008) (19 septembre 2008)
  • Compte-rendu de la réunion (13 au 19 Septembre 2008)


    Compte rendu de la semaine à Assise du Comité International de l’Association Internationale des Communautés Laïques Cisterciennes

    • Préparation et présentation devant la RGM , le jeudi 18 septembre 08 des documents « l’identité laïque cistercienne » et le « votum » créées par les délégués à Huerta en Juin 2008. Après discussion dans quatre des quinze commissions et un court échange en séance plénière, les deux votes suivants ont été acceptés à une très large majorité :
      • « Nous reconnaissons l’existence d’une expression laïque de notre charisme cistercien dans l’expérience vécue par des personnes laïques associées à un certain nombre de nos monastères »
      • « Nous désirons que les Régions étudient le document « l’identité laïque cistercienne » de manière à ce que nous puissions savoir comment, en tant qu’ordre, nous pouvons l’assumer »
    • Révision et approbation des recommandations pour tenir notre prochaine Rencontre dans l’Iowa en 2011, et approbation du thème de la Formation des Laïcs Cisterciens et des Communautés Laïques Cisterciennes. Préparation et traduction d’un questionnaire préliminaire pour toutes les Communautés Laïques, centré sur leurs besoins en matière de formation.
    • Révision et mise à jour du document « Structures et fonctions du Comité International de l’Association Internationale des Communautés Laïques Cisterciennes » (Le document est disponible sur la page du site web)
    • Discussion au sujet des besoins en vue de la préparation d’un document sur les fondations d’une Association Internationale.
    • Réflexion et discussion sur l’état financier de l’Association. Approbation de l’ouverture d’un compte bancaire aux Etats-Unis. Préparation d’une lettre pour les Communautés Laïques Cisterciennes en vue d’une manière juste et équitable de trouver des fonds pour l’Association.
    • Réflexion sur les rencontres, passées et à venir, avec les autres branches de la Famille Cistercienne, plus précisément Congrégation de San Bernardo et Bernardines d’Esquermes.
    • Réflexion sur les manières d’aider les Communautés Laïques dans chaque aire linguistique.   
    • Révision du travail effectué ces trois dernières années en gardant un œil sur la préparation du travail des trois prochaines années.

  • Structures et Fonctions (15 septembre 2008)
  • Structures et Fonctions


    Structures et fonctions

    Du Comité de Coordination

    De l’Association Internationale des Communautés de Laïcs Cisterciens

     

    Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ, afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. (Romains 15:5-7)

     

    Ce document est un travail évolutif. Son objet est d’être une aide dans l’organisation du Comité International et dans son mode de fonctionnement. Il est ouvert à révision et modifications. Les changements apportés à ce document seront indiqués précisément dans leur numérotation et datation.

     

    I — MISSION DU COMITÉ

                1) Préparation de la prochaine Rencontre Internationale 

    §  Organiser la prochaine rencontre de l’Association Internationale des LCC:   en trouver le lieu, les dates, s’occuper de la logistique. Ceci est une fonction « tournante » entre tous les membres du Comité en fonction de l’aire linguistique du lieu de la rencontre.

    §  Inviter tous les groupes ayant auparavant participé à la Rencontre Internationale et intéressés à la préparation de la prochaine à écrire pour présenter les moyens pratiques dont ils disposent.

    §  Lorsque le lieu est déterminé, assurer la responsabilité de l’organisation en collaboration étroite avec tout groupe de son choix.

    §  Proposer un thème de réflexion à travailler par l’ensemble de toutes les Communautés de Laïcs Cisterciens durant les années précédant la rencontre. Durant la rencontre, les travaux des communautés seront écoutés et discutés ; ils serviront à l’édification d’un socle commun qui sera écrit, accepté et partagé par la majorité des délégués présents.

    §  Inviter chaque communauté à décrire son mode de fonctionnement, sa situation et comment elle parvient à vivre son charisme cistercien dans le monde.

                2) Les relations avec les Communautés de Laïcs Cisterciens:

    §  Chacun des membres du Comité a la responsabilité d’une aire linguistique déterminée, Anglophone, Hispanophone, Francophone.

    §  Chaque fois que possible le membre du Comité concerné participera aux rencontres des Communautés de Laïcs Cisterciens internationaux de son aire, qui font la demande d’un soutien et d’une présence du Comité. Cette présence sera fonction des possibilités financières du Comité.

                3) Charisme et communion 

    §  Etre source de communion pour les Communautés de Laïcs Cisterciens Internationaux.

    II — MEMBRES DU COMITÉ

          A) Élection

          Ce chapitre sera proposé pour la prochaine Rencontre Internationale (2011) lors de l’officialisation de l’Association Internationale.      

          B) Démission d’un délégué

         Ce chapitre sera proposé lors de la prochaine Rencontre Internationale (2011) lors de l’officialisation de l’Association Internationale.

         C) Eviction d’un membre du Comité

              Ce chapitre sera présenté lors de la prochaine Rencontre Internationale (2011) lors de l’officialisation de l’Association Internationale.

     

    III — RESPONSABILITÉS DU COMITÉ 

          1) Division des tâches au sein du Comité

    Certaines fonctions  dans le Comité ont un caractère individuel, tandis que d’autres fonctions sont communes à tous les membres.

    Les charges au sein du Comité sont distribuées par consentement au sein du Comité. En cas de conflit, il y a vote. Lorsqu’un membre du Comité ne peut accepter une tache particulière, elle sera reportée sur les membres du Comité ayant moins de responsabilités.

     

         

          A) Secrétaire :   cette fonction est déterminée par l’aire linguistique dans laquelle se tient la prochaine Rencontre Internationale.

    §  Prévoie et coordonne les rencontres  du Comité

    §  Préside les réunions du Comité

    §  Prépare l’ordre du jour des rencontres du Comité

    §  Fait les comptes rendus de chaque rencontre du Comité

    §  Choisit et désigne le responsable du site internet de l’Association; veille au contenu des communications.

    §  Etablir un compte bancaire dans le pays où se tiendra la prochaine Rencontre Internationale

    §  Présenter les comptes du Comité tous les ans       

     

    B)   Finances et administration Tous les membres du Comité sont coresponsables de

     

    §  Etablir un budget permettant la réalisation des objectifs

    §  Rechercher des ressources financières pour l’Association

    §  Faire un bilan des comptes tous les trois ans et les  présenter pour approbation à chaque Rencontre Internationale

     

          C) Remplaçants

               Lors de la Rencontre Internationale de Huerta trois personnes ont été élues pour remplacer chacun des membres du Comité en cas d’impossibilité de l’un d’entre eux à remplir sa mission.

          D) Collaborateurs et assistants

          Chaque membre est autorisé et encouragé à s’entourer d’une équipe choisie parmi les représentants des communautés , mais chaque membre du Comité reste responsable de son travail et au sein du Comité.

          E) Revue du fonctionnement interne :

    Toutes les tâches, buts, objectifs, fonctions, à l’intérieur du Comité seront revues, révisées et redistribuées tous les trois ans

     

     

    2) Fonctionnement interne du Comité

    A) Les rencontres du Comité 

    Le Comité doit se réunir au moins une fois par an. Si nécessaire, il peut se réunir plus souvent.

    B) Les votes 

    Dans son mode de fonctionnement, le Comité recherchera toujours le consensus. Si celui-ci n’est pas possible, il sera procédé au vote.

    C) Communication 

    Chaque membre doit tenir informés les autres  des visites, conversations et contacts, ainsi que des e-mails et courriers reçus et envoyés pour le Comité, ainsi que de toute communication dont l’intérêt pourrait être commun. Au total, cela pourrait être une aide pour le Comité que de conserver et de partager tout document dont l’intérêt pourrait être commun.

    Les membres du Comité sont invités à une confidentialité totale sur tous les sujets dont ils ont eu connaissance en tant que membre du Comité.

     

    D) Minutes 

    Toutes les minutes des rencontres, une fois approuvées seront publiées sur le site web de l’Association Internationale des Communautés Laïques Cisterciennes.

     

    E) Langue 

    Les trois langues officielles sont l’Anglais, l’Espagnol et le Français.

    Chaque membre du Comité doit rédiger son travail dans sa propre langue. Chaque membre doit s’assurer de la traduction ainsi que de la compréhension du document.

    Tous les textes officiels du Comité doivent être présentés dans ces trois       langues.

     

     

    Révisé à Assise le 15 septembre 08

  • Chapitre Général des Bernardines d’Esquermes (11 septembre 2008)
  • Chapitre Général des Bernardines d’Esquermes


    Chapitre Général des Bernardines d’Esquermes

     

    Dimanche 10 Août 2008

     

    Introduction :

     

    En fin d’année 2007, nous avons envoyé les invitations officielles pour la Quatrième Rencontre Internationale. Les Bernardines d’Esquermes, acceptaient et Mère Josephine-Mary, Prieure Générale s’engageait à participer à la Rencontre. Je recevais, en tant que représentante francophone du Comité International,  une invitation de la Maison Générale des Bernardines d’Esquermes pour venir parler de la Rencontre de Huerta à Notre Dame de la Plaine, banlieue de Lille lors du Chapitre Général des Bernardines.

     

    J’acceptais au nom du Comité International, m’engageant pour le membre francophone du Comité, à élire à Huerta. Ayant été élue, j’honorais donc cet engagement.

     

     

      Cet échange témoigne du vif intérêt des Bernardines pour le mouvement Laïc Cistercien. Un groupe de Laïcs chemine auprès de Notre Dame de La Plaine, le Groupe des Flandres.

     

    Il faut souligner de plus l’aide que ces sœurs ont apporté à la Rencontre Internationale en la présence de Sœur Mary-Philippa qui a assuré, pendant toute la Rencontre le travail de traduction simultanée Français-Anglais.

     

    La Rencontre :

     

     

    Arrivée à Lille le Samedi 9 Août à 13h, Je suis accueillie par Sœur Marie-Josèphe, l’une des trois sœurs accompagnatrices du Groupe des Flandres, avec Sœur Marie-Simone et Sœur Marie-Christiane.

    Le premier contact, simple, amical, attentif, me donne l’intime sentiment d’être en famille. Déjà, je peux m’abandonner à une paix intérieure, bien nécessaire, mais bien difficile à percevoir toujours au milieu des tracas de la vie quotidienne.

     

    Dès mon arrivée, je suis présentée à Sister Mary-Helen, la nouvelle Prieure Générale, fraîchement élue par ses sœurs pour une durée de six ans, d’origine anglaise.

     

    Je peux mettre à profit cet après midi de calme pour mieux découvrir l’histoire de nos sœurs Bernardines. Je ne la connaissais pas. Ma petite expérience, marquée plutôt par la famille Trappiste, me laissait un peu étonnée de savoir que d’authentiques Cisterciennes tenaient des écoles.

    Et puis j’ai appris leur histoire de « femmes fortes de l’Evangile », selon le terme que j’ai osé employer !

     

    Revenues à la vie religieuse cistercienne dès 1799, après les tourmentes de la Révolution, elles eurent besoin de cette activité d’enseignement. Au cours du XIXème siècle, soumises à une autre Règle que celle de St Benoît, par la volonté d’un prêtre qui voulut en faire une congrégation apostolique, encouragé par l’Evêque du lieu, elles ont vécu leur fidélité cistercienne dans le secret. Leurs appels incessants à Rome pour se voir reconnues cisterciennes n’aboutirent qu’au milieu du XXème siècle.

     

    Cette fidélité m’est allé droit au cœur ; toutes les marques de cette indépendance chèrement acquise n’ont cessé de m’habiter tout au long de mon séjour, et depuis.

     

    Prévoyant leur expulsion au début du XXème siècle, elles fondaient en Angleterre, en Belgique, et, de là, au Congo, au Japon, au Burkina Faso.

     

     

    Le Dimanche matin, après la messe, célébrée dans la belle Eglise récemment construite, je suis donc accueillie par les sœurs capitulantes. Les monastères avaient envoyé des déléguées et l’assistance regroupe environ une trentaine de sœurs. Etait présente une représentante de l’Ordre Cistercien, Mère Hildegarde de Mariastern (Autriche) ; Dom Guillaume et Mère Inès, de l’OCSO, avaient été reçus la veille par le chapitre. Leurs interventions avaient été fort appréciées.

     

    Devant une telle assistance, face à une telle « qualité cistercienne », je n’ais pas peur. Ma petitesse même m’aide, forte seulement de tout ce que j’ai déjà reçu, au Désert, au sein du Comité International, pendant les journées de Huerta.

     

    Aussi ma présentation du mouvement Laïc Cistercien est-elle le récit d’une expérience, de mon expérience. Même si j’avais voulu faire un exposé très construit, je n’en aurais pas eu le temps depuis le retour de Huerta, aussi avais-je décidé de parler sans notes, de véritablement ouvrir mon cœur, ma mémoire.

     

    Mère Josephine-Mary, Sœur Marie-Josèphe, Sœur Mary-Philippa, toutes trois présentes à Huerta sont de l’assistance. Mère Josephine-Mary intervient pour dire à quel point elle avait perçu chez les Laïcs le désir de vivre authentiquement les valeurs monastiques telles que la louange de Dieu, l’entraide fraternelle, la stabilité dans l’engagement.

     

    Les sœurs sont profondément attentives ; l’échange  dure au total une heure et demi. Une sœur  parle de véritable Pentecôte, plusieurs soulignent l’action de l’Esprit Saint, l’une d’elles  parle de véritable pépinière pour venir féconder le monde.

     

    Le Dimanche après-midi, c’est le temps de la rencontre avec les membres du groupe des Flandres, présents en ces temps de vacances, en compagnie de Sœur Marie-Simone et Sœur Marie-Christiane. Nous lisons, ou relisons, les documents de Huerta, occasion de bien souligner l’autonomie de chaque communauté Laïque. Il est bon de repréciser l’absence totale d’autorité du Comité International sur la vie interne de chaque communauté, d’échanger au sujet du document des « Liens de charité qui nous unissent », de l’Association ad experimentum décidée à Huerta. Echanges très directs, libres, osant aborder les différences de perception des uns et des autres  parfaitement légitimes dans la mesure où elles ne viennent pas troubler la communion qui nous unit et qui est bien l’essentiel. Je dois dire que cette communion, je l’ai ressentie et que j’ai été particulièrement heureuse de ces échanges.

     

    Après Vêpres, Sœur Marie-Simone et moi-même prolongeons cette rencontre par des échanges qui m’éclairent encore sur la beauté de nos sœurs.

     

    Le repas du soir, pris en libre service laissent la possibilité de parler. J’ai la chance de rencontrer des sœurs du Congo, du Burkina.  « Emerveillement » n’est pas un vain mot pour décrire ce que je ressens alors devant tant de courage et de foi.

     

    Le Lundi matin, les temps libres sont l’occasion de nouveaux échanges, particulièrement avec sœur Bénédicte de St Bernard du Touvet et Sœur Marie-Josèphe.

     

    Les échos qui me reviennent sont assez unanimes. Le mouvement Laïc Cistercien est accueilli comme un signe des temps qu’il nous revient d’apprendre à lire, pour répondre au Désir de Dieu. Je suis bouleversée d’entendre, plusieurs fois et avec une grande richesse d’expression :

    « Vous, les Laïcs, vous nous renvoyez à notre vocation ! Nous avons envie de mieux vivre encore notre spiritualité cistercienne ! »   J’y vois comme une confirmation de l’extraordinaire cadeau de l’Amitié qui nous est offerte à tous et dans lequel on ne sait plus qui donne et qui reçoit !

     

    Raccompagnée à la gare par Sœur Cécile-Marie, de la Communauté de La Plaine, j’ai encore le temps de savourer quelques échanges sur nos liens cisterciens avant de retrouver le TGV et au-delà, la vie quotidienne.

  • Votum (8 juin 2008)
  • Votum


    Les représentants des Communautés de Laïcs Cisterciens présents à la Rencontre Internationale de Huerta, en juin 2008, remercient chaleureusement les Congrégations et Ordres de la Famille Cistercienne de l’accueil et de l’appui qu’ils ont reçus de leur part depuis de nombreuses années.

     

    Ils aimeraient présenter aux Chapitres Généraux de la Famille Cistercienne le désir que l’Association Internationale des Laïcs Cisterciens soit reconnue comme appartenant à la Famille Cistercienne en tant qu’expression nouvelle du charisme cistercien.

  • Association Internationale des Communautés de Laïcs Cisterciens (7 juin 2008)
  • Association Internationale des Communautés de Laïcs Cisterciens


    Les liens de charité qui nous unissent

     

                À l’image des monastères cisterciens, chaque Communauté de Laïcs Cisterciens est autonome par rapport aux autres, mais elles sont toutes unies par des liens de charité.

                Pour donner une expression concrète à ces liens, les représentants des diverses Communautés de Laïcs Cisterciens présentes  ici à la Rencontre Internationale de Santa  María de Huerta, en juin 2008, décident de créer une Association Internationale des Communautés de Laïcs Cisterciens qui fonctionnera ad experimentum jusqu’à la prochaine Rencontre Internationale, dans trois ans.

                En effet, l’un des principaux moyens pour exprimer cette unité est de tenir une rencontre internationale tous les trois ans.

                Les participants à ces réunions sont des délégués, membres élus par les communauté, ainsi que le moine/la moniale les accompagnant.

                Il revient à la Rencontre Internationale d’élire un Comité de trois membres, représentant les trois principaux groupes linguistiques.

                Le rôle de ce Comité est particulièrement axé sur la mise en œuvre de moyens de communication entre toutes les communautés de laïcs, et avec les Ordres et Congrégations Cisterciens, ainsi que l’organisation d’une Rencontre tous les trois ans.

                Pour permettre un bon fonctionnement de l’Association, une contribution financière des membres des Communautés représentées dans l’Association est appropriée.  Le Comité est responsable de la gestion des comptes de l’Association.  Un rapport financier est soumis aux membres à chaque rencontre internationale.

                D’autres expressions des liens de charité entre les groupes sont, par exemple, des rencontres régionales de Communautés de Laïcs, des échanges de ressources, un partage de documents, de comptes-rendus, etc. et peut-être des réunions occasionnelles de plusieurs groupes.

                Le Comité a la responsabilité de préparer les documents fondamentaux en vue de l’établissement permanent de l’Association lors pour la prochaine Rencontre Internationale, avec la participation de toutes les Communautés de Laïcs Cisterciens existantes.

                On donne aussi l’autorité au Comité International pour harmoniser le texte sur l’Identité Laïque Cistercienne dans les diverses langues.

  • Identité laïque cistercienne (Huerta 2008) (6 juin 2008)
  • Identité laïque cistercienne (Huerta 2008)


    (Version finale)

     

    Identité laïque cistercienne

     

     

    Synthèse finale rédigée à partir des trois synthèses reçues, fruit du travail des communautés laïques cisterciennes anglophones, francophones, hispanophones et finalisée à Santa María de Huerta, Espagne, le 6 juin 2008.

     

     

     

    1. Vocation laïque cistercienne.

     

     

    De façon individuelle, l’on reconnaît un appel personnel vécu de façon communautaire comme un don de Dieu. Nous le définissons comme un appel à être des témoins actifs du Christ et de son Église, au milieu du monde, en donnant un témoignage priant et contemplatif dans une vie définie par les valeurs propres du charisme cistercien, sous la conduite de la Règle de St Benoît reconnue comme une interprétation concrète de l’Evangile, ainsi que sous la conduite de nos Pères et Mères cisterciens. C’est un chemin de conversion permanente nous conduisant à redécouvrir et à approfondir la grâce de notre Baptême et nous aidant à développer une foi adulte.

     

     

    2. La vie cistercienne laïque

     

     

    2.1 Nous sommes convaincus que la spiritualité cistercienne peut être adaptée à un mode de vie laïque et, bien qu’il soit très clair que les deux modes de vie -- monastique et laïque --, sont différents, ils sont complémentaires. Ainsi est mise en lumière la vitalité de la vie monastique ; et les laïcs trouvent dans la spiritualité cistercienne une façon de vivre dans le monde avec un plus grand engagement et une plus grande profondeur spirituelle. Il y a unanimité à reconnaître que le charisme cistercien peut être vécu hors du monastère .

     

    2.2 Il y a une grande diversité dans les pratiques de la vie laíque cistercienne, mais bien que les formes soient différentes, les mêmes moyens sont utilisés pour un unique but : la recherche de Dieu.

     

    2.3 Toutes les valeurs et pratiques cisterciennes sont un chemin de libération et de conversion intérieure et peuvent être incorporées à la vie des laïcs:

     

    Prière et louange

    Confiance et abandon à Dieu

    Humilité

     

    Obéissance

    Pauvreté

    Chasteté

     

    Austérité

    Simplicité de vie

    Équilibre de vie

     

    Silence et solitude

    Travail

    Hospitalité et service

     

    Stabilité

    Simplicité

    Joie

     

    2.4 Cette unification intérieure, ce chemin de conversion et ce désir d’incarnation, naissent et se concrétisent dans le choix de « ne rien préférer à l’amour du Christ » (RB 72),  vivant dans le monde sans être du monde  (Cf. Jean 17, 9-16).

     

    2.5 Nous faisons l’expérience d’une transformation tant intérieure qu’extérieure (conversatio morum), qui se manifeste dans la fréquentation assidue des sacrements, dont le centre est l’Eucharistie ; dans l’étude priante de l’Écriture sous forme de Lectio Divina ; dans la fidélité à l’Office Divin ; dans la dévotion filiale à la Vierge Marie ; dans l’accueil du frère et de la soeur ; dans un changement de priorités ; dans une nouvelle façon d’ordonner sa vie ; dans une nouvelle façon d’aimer prenant sa source dans l’amour de Dieu ; dans un désir de formation et la nécessité d’être guidé spirituellement ; dans l’expérience du travail vécu comme une collaboration à la construction du Royaume de Dieu, plutôt que comme la recherche d’un enrichissement personnel.

     

    2.6 La dimension cénobitique de notre vie cistercienne laïque s’exprime dans l’union spirituelle que nous vivons avec tous les membres de notre communauté, aussi bien laïque que monastique, et dans une vie plus ascétique qui nous donne d’être unis à notre communauté par la prière, le travail et la liturgie même quand nous en sommes séparés physiquement.

      

    2.7 Notre mission, en tant que Laïcs Cisterciens, se réalise dans notre témoignage indépendamment de notre implication ou non dans diverses activités apostoliques ou sociales.  L’élément fondamental de la vie du Laïc Cistercien consiste à trouver un équilibre entre les temps de prière et de travail

     

     

     

    3. La communauté laïque cistercienne

     

     

    3.1 L’expérience de communauté s’exprime comme la naissance d’une nouvelle famille dans laquelle on reçoit aide et force pour vivre dans l’espérance et sans peur l’engagement chrétien. Nous faisons l’expérience que prier ensemble crée la communion, nous unit dans la distance et nous réconforte. Le lien le plus fort est d’avoir été unis par l’Esprit Saint dans une même recherche : la recherche de Dieu et en conséquence la communauté contribue à l’enrichissement personnel par la transmission de valeurs entre tous les membres. Notre découverte de la Communauté nous aide à nous percevoir comme Corps du Christ. Sentir les besoins des autres encourage à la charité et enseigne l’humilité. La communauté est un instrument donné par Dieu pour notre sanctification.

     

    3.2 Pour la majorité des fraternités il est fondamental que le désir et la décision personnels qui les portent à répondre à l’appel de Dieu à cette vocation laïque cistercienne soit officialisés par un certain type d’engagement devant les communautés monastique et laïque.

     

    3.3 Il existe une grande diversité de formes d’organisation des communautés. On peut constater que certaines communautés sont plus hésitantes à créer des structures. 

     

     

     

    4. Les liens avec le monastère et avec la Famille cistercienne

     

    4.1 La communauté monastique est l’héritière du charisme cistercien dans sa forme actuelle.  Les communautés laïques cisterciennes, par leur communion avec une communauté monastique, reçoivent des moines et des moniales formation et lumière sur le chemin. Les liens concrets qui nous unissent à la communauté monastique, ainsi que la façon de décrire ces liens, sont différents de l’un à l’autre.

     

    4.2 Les deux communautés, monastique et laïque, sont perçues comme une seule famille avec des formes de vie différentes, mais pour tous, la différence entre moines et laïcs est très claire.

     

    4.3 Pour tous les groupes, c’est la communauté monastique, représentée par son Abbé (Abbesse) qui  reconnaît en eux le charisme et leur confère leur appartenance à la famille cistercienne, selon la nature des liens qui les unissent.

     

    4.4 Il est commun à toutes les communautés et à tous leurs membres de percevoir le monastère comme leur propre maison et le lieu concret où le Seigneur unit de façon spéciale les deux communautés, laïque et monastique, et tous les membres entre eux. L’hospitalité des moines et des moniales rend présent l’Amour de Dieu.

     

    4.5 Le fait d’être Laïcs Cisterciens ne nous confère pas de privilèges dans notre relation avec la communauté monastique mais nous rend conscients de nos devoirs et de nos responsabilités.

     

    4.6 Nos communautés laïques se rencontrent, avec des fréquences différentes, dans le monastère. Nous y recevons une formation, nous apprenons à nous aimer mutuellement, dans une nouvelle forme de relation centrée sur le Christ dans laquelle tous les membres ont été choisis et appelés par Dieu.

     

    4.7 Moines et moniales, comme les laïcs, apprennent les uns des autres la vie fraternelle en persévérant  ensemble sur le chemin de la sainteté.

     

    4.8 Beaucoup de membres des communautés laïques viennent au monastère individuellement, mais tous sont d’accord pour affirmer que pour être Laïc Cistercien, il ne suffit pas de se sentir attiré par le monastère, mais qu’il est nécessaire d’appartenir à une communauté.

     

     

     

     

     

    5. Épilogue

     

     

    5.1 Nous croyons que les communautés laïques cisterciennes sont l’œuvre de l’Esprit Saint, En effet, il y a une totale communion dans leur façon de vivre et de comprendre le charisme laïc cistercien malgré le peu de communication entre elles. Nous sommes tous d’accord pour affirmer que, dans le laïcat cistercien, le charisme cistercien qui, durant 900 ans a été exclusivement monastique, a trouvé, de par la grâce de Dieu, un nouveau mode d’expression.

     

     

    5.2 On trouve dans toutes les communautés laïques cisterciennes, le désir de respecter et maintenir la diversité dans tout qui ne brise pas la communion : vivre un même charisme dans la diversité des expressions, unies sur l’essentiel.

     

     

    Appelés et transformés par le Christ

     

    ¡Maríe!  ¡Rabouni!

  • Comité de Direction (1 septembre 2007)
  • Comité de Direction


    Me voici devant vous après une semaine passée à Huerta pour préparer la quatrième Rencontre Internationale (R.I) d es Laïcs Cisterciens, du 9 au 16 Septembre 2007.

    Tina et moi sommes arrivées le Dimanche 9 dans l’après-midi, Dennis le lundi matin et Dom Armand le Mardi en début d’après-midi. Dès le premier jour, Charo, responsable de la Fraternité de Laïcs de Huerta, était présente pour nous accueillir et nous rendre le séjour agréable. Dom Isidoro, Abbé de Huerta, absent, est arrivé le Mardi soir. La communauté monastique, accueillante et chaleureuse, nous a apporté le climat de prière dont nous avions besoin. Malgré le décalage horaire pour Dennis, nous avons commencé notre travail dès le Lundi après None. Nous avons travaillé avec Dom Isidoro et Charo le mercredi toute la journée et le Jeudi après-midi.

    Dans quelques semaines, vous recevrez les documents relatifs au travail sur l’identité cistercienne, mais nous vous donnons, dès à présent des indications sur l’organisation de la R.I.

    I PRESENTATION DES GROUPES (Annexe1 : House report)


    Afin de bien nous connaître les uns les autres, chaque groupe est invité à compléter le document joint en annexe 1, et me le retourner pour le

    15 Décembre 2007.

    Dennis le publiera sur le Web au plus tard, le 20 Décembre 2007.

    Chaque groupe a la possibilité, s’il le désire, d’envoyer son rapport en Anglais et en Espagnol. Nous aurons ainsi sur le site, un document d’environ 150 pages décrivant tous les groupes existant aujourd’hui.

    Nous en imprimerons un seul exemplaire, consultable sur place pendant la R.I, mais chaque groupe a la possibilité de faire une impression et de l’apporter à Huerta.

    II LA CHARTE


    Pour les groupes qui ont rédigé une Charte, il serait bon qu’ils me l’envoient afin que Dennis les inclue dans le site, avec la description du groupe, telle qu’elle existe à ce jour. Ce travail doit être achevé pour le

    20 Janvier 2008

    III LE VOYAGE


    Deux lieux d’arrivée sont possibles pour ceux qui ne viendront pas avec leur propre véhicule :

    • l’aéroport de MADRID
    • la gare de SARAGOSSE, où un train quotidien relie Sta Maria de Huerta. Il ya aussi un aéroport à Saragosse.
    Pour l’aéroport de Madrid nous organisons des transports en autobus pour Huerta.

    Il faudra donc, impérativement, lors de votre inscription, préciser le lieu et l’heure de votre arrivée, afin de bien coordonner les transports jusqu’à Huerta.

    IV PARTICIPATION ET COUT


    Les inscriptions se feront du 1er Janvier au 1er Avril. Elles seront effectives à la réception du montant de la participation.

    Nous vous confirmons le coût de 600 euro par personne pour la semaine, incluant :
    • 8 jours d’hébergement et de restauration,
    • coûts de papèterie, de traduction simultanée, de prise en charge de nos invités, de l’excursion du Jeudi 5 Juin, etc... Vous obtiendrez le détail précis de toutes ces dépenses et recettes lors de la RI.
    Pour ceux qui le peuvent, un fonds d’entraide est possible, nous vous reparlerons de sa mise en place.

    Nous serons logés dans un collège situé tout à côté de l’Abbaye, dans ce petit village de Sta Maria de Huerta. Nous aurons des chambres individuelles, ou chambres de deux et trois personnes. Nous y prendrons nos repas, et nous aurons les salles de travail en petits groupes. Les Sœurs du Sacré Cœur qui tiennent cet établissement ont montré, lors de la visite du lieu, un profond souci de tout mettre en œuvre afin que notre rencontre se déroule au mieux.

    Pour chaque groupe, deux personnes laïques peuvent participer, ainsi que le moine ou moniale accompagnant(e) si cela lui est possible. Aucune dérogation ne sera acceptée, dans un souci d’équilibre et d’équité entre les groupes. Pour chaque délégation un seul a le pouvoir de voter. Il sera investi de la confiance de son groupe, et à même de pouvoir infléchir ses choix de vote compte tenu des évolutions dans les échanges, et à les argumenter à son retour, bien évidemment. Il n’y aura pas de délégation de pouvoir de vote.

    V MESSES ET OFFICES


    La R.I débutera le Dimanche 1er Juin par une Messe Solennelle à 11h. Chaque jour, les horaires des Offices de l’Abbaye sont :

    • Vigiles 5h
    • Laudes et eucharistie 7h15
    • Tierce 9h
    • Sexte 13h30
    • None 15h30
    • Vêpres 18h45
    • Complies 20h45.
    Nous proposons que Vigiles et Complies restent à la décision de chacun. Les Laudes, l’Eucharistie et les Vêpres se dérouleront dans la grande église de Huerta, afin que nous puissions y assister tous ensemble.

    Une messe en français sera célébrée le Vendredi 6 Juin. Il nous appartient donc d’en préparer les chants. Ceux qui veulent s’en charger peuvent déjà y réfléchir. Nous en reparlerons. Nous prierons ensemble les petites heures de manière différente selon que nous seront en séance plénière ou en travail de petits groupes.

    Nous vous recommandons de ne pas oublier vos bibles et psautiers personnels.

    VI TRAVAIL EN PETITS GROUPES


    Nous aurons trois sessions de travail en petits groupes, français, espagnols, anglais. Après avoir prié les Petites Heures, nous nous séparerons en groupes de 10 à 12 personnes, constitués par tirage au sort.

    Dans chaque groupe seront élus un modérateur, qui devra s’assurer que chacun puisse s’exprimer, et un secrétaire qui aura pour mission de rédiger et rapporter le compte rendu de son groupe.

    Les groupes se réuniront par langue pour rédiger en commun leur rapport pour la séance plénière. Au cours de la séance plénière seront donc entendus un rapport en Espagnol, un en Français, un en Anglais.

    VII AGENDA DELA R.I (Annexe 2)


    Vous trouverez en annexe 2 le programme de la RI. Il est bien évident qu’il s’agit d’une rencontre que nous allons réaliser tous ensemble et que, sans aucun doute, des ajustements seront nécessaires dans son déroulement. Mais il faut également partir avec une idée assez précise des objectifs que nous voulons atteindre. Les séances plénières de nos rencontres se dérouleront dans le magnifique réfectoire du XIIème siècle de l’Abbaye.

    La R.I s’achèvera le Samedi par une Messe célébrée à 11h, animée par une chorale appartenant à la Fraternité de Huerta. Après la Messe ils donneront un concert.

    Après le repas viendront le temps des au-revoir et des départs.

    VIII NOS INVITES


    • Dom Bernardo (OCSO)
    • Dom Mauro Abbé Général de l’Ordre Cistercien A
    • bbesse Présidente de la Congrégation de Las Huelgas
    • Prieure Générale des l’Ordre des Bernardines d’Esquermes
    • Supérieure de la Congrégation des Bernardines d’Oudenaarde
    Dom Isidoro se mettra en rapport, pour les convier, avec l’Evêque de Soria ainsi que la Supérieure de la congrégation des moniales cisterciennes de Castille (OC)

    CONCLUSION


    Voilà, chers amis, ce que nous avons fait.

    Le Samedi matin, Dom Armand nous a quittés pour rejoindre Scourmont.

    Quant à nous trois, nous avons été invités à partager la journée de rencontre des Laïcs de Huerta. Durant la messe célébrée à 12h30, deux membres de la Fraternité ont prononcé leur engagement. Le Samedi après-midi, nous avons eu une rencontre d’échanges très riches et très profonds. La Fraternité de Huerta est très motivée et très responsable pour apporter sa contribution à la réussite de la R.I. Sans eux, rien ne pourrait se faire. Le climat de collaboration est excellent.

    Nous avons eu l’opportunité, à l’invitation de Dom Isidoro, de rencontrer la communauté monastique le Jeudi soir avant Complies. J’ai été impressionnée par l’ouverture de cœur de cette communauté qui semble avoir intégré que, dans le respect des états de vie de chacun, le partage du charisme cistercien est une réalité et une richesse pour chacun.

    Pour ma part, élue pour trois ans à Clairvaux, avec pour mission de préparer la prochaine R.I, c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai rencontré Dom Armand, Tian et Dennis. Grâce à eux, j’ai beaucoup appris, beaucoup reçu.

  • Compte-rendu de la réunion (11 au 15 Septembre 2006) (4 octobre 2006)
  • Compte-rendu de la réunion (11 au 15 Septembre 2006)


    Compte-rendu de la réunion du Comité International à Scourmont, du 11 au 15 Septembre 2007

    Etaient présents: Tina Parayre, Marie-Christine Rossignol, Dennis Day, et Dom Armand Veilleux, chargé de la liaison pour l’OCSO.

    1. En réponse à la demande de désignation d’une personne pouvant être lien avec l’OCSO, lors du Chapitre Général d’Assise en Octobre 2005, Dom Armand Veilleux, Abbé de Scourmont a été élu consultant auprès du Comité International des Laïcs Cisterciens Internationaux.
    2. Le Comité International a fait le point sur les Communautés de Laïcs Cisterciens dans le monde. Il a été confirmé que le role du Comité International n’est pas de donner la définition d’une Communauté de Laïcs Cisterciens ni de déterminer les critères d’une Communauté Laïque Cistercienne, mais seulement d’être au service des Communautés Laïques qui se déterminent elles-même, pour qu’elles soient répertoriées sur le site web.
      • Tina et Dennis se sont rendus en Equateur auprès de la Communauté Laïque du Monastère Ste Marie du Paradis en Février 2006, et ont eu la possibilité d’entrer en contact avec les autres communautés d’Amérique Latine.
      • Marie-Christine a rencontré nombre de Communautés Laïques de langue française à Scourmont en Mai 2006
      • Tina a rencontré nombre de Communautés de langue espagnole à Huerta
      • Prochaines rencontres
        • Dennis rencontrera les Communautés de langue anglaise du Sud de la Floride,
        • Marie-Christine se rendra à Timadeuc en Décembre 2006 et à la réunion de la CSMF en Octobre 2007 à Lourdes
        • Tina va tenter de rencontrer la Communauté Laïque d’Allemagne.
        • Le Comité a avalisé le fait qu’il n’est pas nécessaire d’être présent à ARCISS
    3. Le document Structure et fonction du Comité International a été revu et les points suivants ont été notés:
      • Les trois représentants du Comité constatent que le fonctionnement du Comité est plus efficient et moins onéreux à trois membres plutôt que cinq, chaque membre représentant l’une des trois langues officielles.
        La modification du document à cet effet sera présentée lors de la rencontre internationale de 2008.
      • Le remplacement des deux places vacantes au Comité International: après avis de Dom Armand, il a été décidé de laisser vacants les deux sièges du Comité International jusqu’à ce que des élections puissent être tenues lors de la prochaine Rencontre Internationale en 2008.
      • Les modifications à ce document seront soumises à appréciation et approbation des groupes présents, lors de la prochaine Rencontre Internationale de 2008.
    4. Les Principes de bonne pratique, document créé pour aider le Comité à mieux fonctionner, sera traduit et publié sur le site.
    5. Rencontre Internationale de 2008
      • La 4ème Rencontre Internationale se tiendra à Ste Marie de Huerta (Soria, Espagne) du 31 Mai au 9 Juin 2008. La rencontre sera destinée à tous les groupes de Laïcs Cisterciens listés sur le site web et sera limité, au maximum, à trois membres de chaque communauté.
      • Dès à présent, le Comité a défini trois objectifs principaux:
        • Créer un document pour le Chapitre Général de l’OCSO définissant l’identité cistercienne des personnes comme des communautés. A cette fin, toutes les Communautés Laïques seront conviées à participer à un travail préparatoire dans lequel les personnes et les groupes écriront leur réponse personnelle à cette question.
        • Développer et proposer au Chapitre Général un type de relation entre la Communauté de Laïcs Cisterciens et le monastère ainsi que l’OCSO.
        • Développer une structure de direction aidant aux besoins de toutes les Communautés de Laïcs Cisterciens.
      • Le Comité a commencé à developper un budget pour la rencontre de 2008.
      • Le Comité a commencé à esquisser les fonctions et responsabilités pour la prochaine rencontre, ceux du Comité comme ceux du Commité de Coordination Locale, choisi par la Communauté Laïque à Huerta

    La prochaine rencontre du Comité International a été fixée à Huerta du 10 au 17 Septembre 2007.

  • Rencontre d’Assises (October 17 – 22, 2005) (8 novembre 2005)
  • Rencontre d’Assises (October 17 — 22, 2005)


    RENCONTRE D’ASSISES
    Octobre 2005 17 au 22

    Présents ; Dennis Day ; Tina Parayre ; Marie-Christine Rossignol
    Absent : Wayne Bodkin
    Lieu : Domus Laeticia (Maison d’accueil des Capucins) Assises, Italie.

    1. C’est avec une grande tristesse que le Comité a accepté la démission de Sergio Lara, pour raisons personnelles, de ses fonctions dans le Comité. Le Comité va prendre conseil pour assurer son remplacement et cherchera quelqu’un pour la fin de l’année 2006.
    2. Le Comité a revu et finalisé la lettre adressée aux Abbés et Abbesses réunis à la Réunion Générale Mixte de l’Ordre de la Stricte Observance (voir texte joint)
    3. Le Comité a revu et retravaillé le document intitulé les Structures du Comité International des Laïcs Cisterciens. (Voir texte joint)
    4. Le Comité a commencé à travailler sur un document interne intitulé Les principes de fonctionnement du Comité International des Laïcs Cisterciens , destiné à aider les membres du Comité à refléter par leur manière d’être quels sont les buts et les objectifs qu’ils cherchent à atteindre.
    5. Le Comité International a reçu une demande émanant d’ARCCIS (Association pour le rayonnement de la culture cistercienne) pour être représenté dans son Conseil d’Administration. Après la rencontre de 2006 des groupes de langue française, et avec l’agrément du Comité une personne sera identifiée et désignée pour participer aux travaux du Conseil d’Administration d’ARCCIS avant la fin de l’année 2006 (Voir le site -http://www.arccis.org.)
    6. Le Comité a réfléchi sur la nécessite de recenser et le moyen d’identifier tous les groupes de Laïcs Cisterciens de par le monde, de toutes les branches de la Famille Cistercienne.
    7. Le Comité a convenu qu’il était important de déterminer les aires de responsabilité de chacun de ses membres, à travers le monde :
      1. Marie-Christine Rossignol : France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Afrique de langue française, Canada de langue française
      2. Tina Parayre : Espagne, Italie, Portugal, Amérique Latine
      3. Dennis Day : Amérique du Nord, Canada de langue anglaise
      4. Wayne Bodkin : Europe non francophone, Phillipines, Afrique de langue anglaise.
      5. Dennis et Wayne ; Australie, Nouvelle-Zélande.
    8. Le Comité a discuté des communications entre les communautés de laïcs à travers le monde.
      1. Les possibilités de traduction dans les trois langues ont été recherchées et identifiées
      2. Un journal, sous forme de lettre, a été défini dans sa structure, sa fréquence, son contenu, et sa distribution
      3. Le site web a été rediscuté ainsi que diverses possibilités pour susciter et encourager les groupes dans leurs communications
    9. Le Comité a reconnu comme objectif prioritaire pour les trois prochaines années de développer la liste des caractéristiques, avec l’apport de l’existant du plus grand nombre possible de communautés existantes, des Laïcs Cisterciens et des Communautés de Laïcs Cisterciens. Après compilation, ce document serait publié à grande diffusion, en tant qu’aide
      1. pour les Abbés et Abbesses de toutes les branches de la Famille Cistercienne
      2. pour les communautés nouvelles et débutantes
      3. pour la communion avec les Laïcs existant déjà et plus anciens.
    10. Le Comité International a commencé une réflexion pour déterminer où et quand se tiendrait la prochaine rencontre internationale des Laïcs Cisterciens.
      1. Afin d’en faciliter la mise en œuvre, les dates et le lieu de la Rencontre 2008 seront publiés avant fin 2006.
      2. Un effort sera fait pour rassembler tous moyens nécessaires à la présence et la participation de toutes les Communautés de Laïcs Cisterciens.
    11. Le Comité International a participé à une réunion lors du Chapitre Général de l’OCSO et a lu une lettre en séance plénière, adressée à tous les Pères Abbés et Mères Abbesses et leur demandant qu’une liaison officielle en la personne d’un moine ’ou moniale) soit désignée. Après la lecture de la lettre il y eu un échange fructueux de question-réponse.
    12. Le Comité International a discuté des moyens financiers nécessaires au comité. Les premières dépenses du Comité ont été :
      1. les dépenses de communication telles celles du site web et des frais postaux,
      2. les frais de voyage, de logement et de travail pour les rencontres annuelles du Comité,
      3. les frais de voyage des représentants des Laïcs Cisterciens pour participer aux rencontres internationales. Une^proposition va être développée et soumise aux membres des communautés de Laïcs Cisterciens.
    13. La prochaine rencontre est proposée, afin de limiter au maximum les frais et dépenses, en 2006, à l’Abbaye Ste Marie du Désert.

  • De Dom Bernardo... (1 octobre 2005)
  • De Dom Bernardo...


    Chère Tina: Merci de m’avoir envoyé les documents que je vais pouvoir lire dans le calme. Bien entendu, votre présence au Chapitre sera un grand pas en avant.

    Quand nous avons procédé à l’élection de notre "liaison", Dom Armand de Scourmont a été choisi; il connait particulièrement bien l’évolution des Laïcs Cisterciens et j’avais espoir qu’il serait un bon relais. Cette information est à partager avec tout le Comité et peut être considérée comme une information officielle. C’est à vous, par vous mêmes, d’entrer en contact avec Dom Armand, vous pouvez lui écrire en Espagnol sans problèmes (il parle Français, Anglais, Italien et aussi Allemand....)

    Pardon d’être aussi bref aujourd’hui: nous avons juste terminé l’organisation d’Assise et moi-même me prépare à voyager vers l’Argentine. Je vous embrasse bien fort; transmettez à tout le comité.

Famille Cistercienne

  • Ordre Cistercien de la Stricte Observance (OCSO)
  • Ordre Cistercien (OCist)
  • Cisterciennes Bernardines d’Esquermes
  • Congrégation de San Bernardo
  • Soeurs Bernardines d'Oudenaarde

Textes cisterciens fondamentaux

  • Exordium Cistercii
  • Charte de charité
  • Exordium Parvum
  • Exordium: Programme de réflexion et d’étude des valeurs de la Réforme Cistercienne

La Règle de Saint Benoît

  • La Règle de Saint Benoît
  • La Règle de Saint Benoît (intratext)

RENCONTRES INTERNATIONALES:

  • Dubuque 2011
  • Huerta 2008
  • Clairvaux 2005
  • Conyers 2002
  • Quilvo 2000


LANGUE PRÉFÉRÉE:

  • English
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AUJOURD’HUI SUR L’INTERNET

  • Le texte du jour de la Règle de Saint Benoît
  • Lectionnaire de vigiles de l’abbaye de Cîteaux
  • L’Evangile au Quotidien


LIENS IMPORTANTS

  • L'Ordre de Saint Benoît



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